Aztèques : pourquoi et comment ?

Dans ce billet, je réponds au questions de Coco Delecture, chroniqueuse au sujet d’Aztèques. Pourquoi un tel sujet ? Comment s’est-il mis en place ?

 

Est-ce que les Aztèques vous passionnent depuis longtemps *
J’ai commencé à m’y intéresser car je cherchais un univers intéressant et original où mettre en place une saga, et une amie m’a parlé d’eux. J’ai adoré découvrir cette culture, la richesse des croyances, leur philosophie, médecine, l’avancement de leurs connaissances par rapport aux occidentaux de cette époque. Les sacrifices humains me fascinaient car ils me posaient la question suivante : comment peut-on en arriver là ? J’ai choisi les Aztèques car il s’agit d’une civilisation inconnue, mystérieuse et riche, et qu’ils reflètent la rencontre entre le nouveau monde et l’ancien, avec les conquistadors. Une période d’une richesse inouïe, un trésor pour un romancier !

 

Combien de temps vous a- t – il fallu pour écrire ce livre (individuellement? *
Le tome 1 m’a pris deux ans car j’ai effectué beaucoup de recherches, j’ai mis en place la structure de ma série entière et j’ai cherché comment raconter au mieux l’histoire qui émergeait de toutes ces nouvelles connaissances et quels messages je voulais faire passer. Pour les tomes 2 et 3, j’ai mis un peu plus de six mois pour chacun.

 

Avez vous mis longtemps pour vos recherches? *
 J’ai effectué plusieurs mois de recherche en lisant des récits historiques de l’époque, de nombreux ouvrages de recherche, des romans, en visionnant des films et des reportages.

 

Y aura-t-il un troisième tome? Je sais je suis curieuse? mdr
 Oui, je suis en train de le boucler. Ce sera pour avril si tout va bien… et l’histoire ne fait que commencer !

 

 
Je vous laisse me dire ce que vous voulez sur ces 2 romans afin de mieux vous connaître et les connaître (vos personnages)… *
J’ai effectué une formation de 3 ans en dramaturgie, car je voulais savoir comment raconter une histoire de la meilleure manière possible. Un peintre apprend son métier, un musicien également, alors pourquoi un auteur devrait-il s’en passer ? Pour moi un roman historique d’aventure n’a de sens que s’il dénonce un problème contemporain. Ainsi, la thématique de la série en général est : avec le pouvoir viennent les responsabilités (chose que devraient comprendre nos politiques), et la femme et l’homme ont les mêmes droits (encore très perfectible de nos jours). Ces thématiques sont déclinées en sous-thématiques dans chaque tome, qui reflètent par conséquent à chaque fois une évolution de la protagoniste. Je pense que le rôle de l’art est aussi de donner un sens à la vie. Écrire, c’est faire passer des émotions à travers une histoire qui a un sens. Le romancier est responsable du message qu’il fait passer à travers son histoire, passer à côté de cet état de fait, est, d’une certaine manière, ne pas offrir au public ce qu’il mérite pour toute l’attention qu’il nous offre.

 

Interview par Isabelle Stoelen, Collectif B

Je remercie Isabelle de Collectif B, qui m’a très gentiment proposé cette interview à l’occasion de la sortie de La Voie du Papillon jeudi 18 janvier.

Isabelle est une grande lectrice, correctrice et chroniqueuse, vous pouvez retrouver ses chroniques sur Facebook et Twitter.

 

« En ce jour de la sortie du second tome de la saga Aztèques, nous avons le plaisir de vous faire partager une interview exclusive d’Éric Costa.

Chère Isabelle, j’aimerais d’abord te remercier. Nous nous sommes rencontrés sur FB, nous avons échangé, tu as découvert Aztèques, et, spontanément, tu as proposé de m’aider. D’abord avec tes encouragements, car tu as aimé les deux premiers tomes et ton enthousiasme m’a rassuré au niveau de la sortie du tome 2. Puis avec tes corrections, car nombreuses sont les coquilles que nous ne voyons plus en tant qu’auteur. Enfin, tu m’as aidé niveau marketing avec tes conseils, et une relation plus profonde s’est instaurée. Tu m’as conseillé au niveau de mon lancement, du titre, de la couverture, tu as partagé et tu partages encore de nombreuses publications pour aider le livre à trouver ses lecteurs, tu me rassures sur le fait que je suis sur la bonne voie, jusqu’à me proposer cette interview le jour de la sortie. J’aimerais te dire à quel point je suis sensible à tout cela. Merci du fond du cœur. J’espère que cette amitié virtuelle va continuer à se développer et que nous partagerons encore de nombreux moments littéraires et amicaux !
  • Éric, peux-tu nous expliquer comment tu en es arrivé à choisir le cadre des Aztèques pour écrire ta saga ?
Tout a commencé à l’école !
À l’école de dramaturgie d’Anaël Verdier, formation que j’ai suivie pendant trois ans. C’est là qu’il m’a fallu mener de front plusieurs projets d’écriture, dont une saga. Mais quelle saga choisir ? C’est un peu comme lorsqu’il faut choisir un métier, on ne connait rien mais il ne faut pas se tromper, car de nombreuses années vont en découler !
Je voulais un univers médiéval pas encore trop rebattu, mais je ne parvenais pas à trouver lequel. Un jour, une amie m’a aidé. Elle m’a raconté que les différents peuples qui habitaient le Mexique précolombien payaient un tribu aux Aztèques, qui régnaient alors en maîtres. Parfois, le tribu était rassemblé grâce à des prises de guerres et des pillages. L’histoire d’un jeune fils de chef arraché à son village m’est alors apparue. On allait découvrir le monde aztèque à travers ses yeux, le temps qu’il mette en place une vengeance implacable.
Voilà comment j’ai choisi le cadre d’Aztèques.
  • Pourquoi avoir choisi une héroïne plutôt qu’un héros ?
Les filles de mon « académie » m’ont alors demandé que ce soit une héroïne. Je n’y étais pas opposé, car j’ai toujours aimé les héroïnes. Elles doivent faire preuve de plus de subtilité pour s’en sortir que les mecs aux gros biscotos. En outre, la thématique ; sagesse et pouvoir, se reflète encore mieux dans une femme.
Ameyal est ainsi née. J’ai choisi ce prénom nahuatl car il signifie « printemps », le moment de l’émergence des possibles. Le moment où le potentiel commence à se développer. De cette manière, mon héroïne a de belles années devant elle !
  • Le récit est précis sur la vie à cette époque, est-ce que cela t’a pris beaucoup de temps pour te documenter ?
La précision est l’une des règles que je me suis imposée. Ameyal est un personnage de fiction, mais elle navigue dans un cadre historique de grande importance : le Mexique avant, pendant et après le débarquement des conquistadors espagnols. De cette manière, j’entends expliquer la vie, les mœurs et l’histoire des Aztèques, trop souvent méconnus ou mal jugés. Cette histoire contient donc une dimension pédagogique, que je prends garde à dissimuler sous une bonne dose d’action !
Concernant l’époque, l’histoire commence en 1516, car je veux avoir le temps de la mettre en place avant que les conquistadors ne débarquent au Mexique en 1519. J’ai choisi cette période de l’histoire car elle correspond à la rencontre entre l’ancien et le nouveau monde, une période d’une grande richesse, méconnue de par le massacre qu’ont subis les amérindiens. Construire une histoire qui ne les présente pas comme des brutes sanguinaires tel qu’on en a l’habitude, mais qui au contraire permet de découvrir leur culture, leur niveau de connaissances et tout ce qu’ils ont accompli, permet en quelque sorte de les faire renaître et de leur rendre justice.
En ce qui concerne les recherches, je lis tous les ouvrages que je peux trouver à leur sujet, que je regroupe dans mes bibliographies. J’étudie le travail de chercheurs tels que Soustelles, Duverger, mais aussi de romanciers comme Gary Jennings, de soldats tels que Bernal Diaz del Castillo, et bien entendu, Sahagun…
Savez-vous que c’est Sahagun, un moine, qui a sauvé la civilisation aztèque ? Il avait proposé d’établir un rapport de toutes leurs coutumes et façons de vivre en disant qu’il serait plus facile de les évangéliser si on les connaissait mieux. Des années plus tard, le manuscrit étant terminé, il l’a envoyé à la cour de Charles Quint, l’Empereur qui régnait sur l’Espagne à cette époque. Bien entendu, le manuscrit a disparu. Et bien qu’importait ! À son retour en Espagne, Sahagun a tout réécrit de mémoire. Son nouveau manuscrit est resté caché pendant 100 ans avant de nous parvenir. Je trouve cet acte d’un courage et d’une détermination remarquable. Un exemple à suivre !
  • Comme je l’ai dis dans ma chronique, tu as écrit sur un univers très féminin, comment tu es arrivé à si bien le décrire ?
Je te remercie pour ce compliment. Une amie auteure m’a fait le même ce matin, et j’en étais surpris. Comment l’expliquer ? Je suis fasciné par le féminin. C’est la raison pour laquelle la plupart de mes héros sont des héroïnes, comme je l’ai expliqué un peu avant !
Écrire sur le féminin est une manière pour moi d’explorer cet univers étrange et inconnu et de mieux comprendre les femmes. Je suis heureux qu’une femme me dise que je le décris bien. Cela signifie que je ne suis pas trop tombé à côté !
  • Pour La saga Aztèques, tu prévois 7 tomes, à quelle cadence (en gros)?
J’aimerais sortir un tome tous les 6 mois. Mais l’écriture recèle de nombreuses surprises, parfois, un tome est beaucoup plus long que ce à quoi l’on s’attend et l’on s’aperçoit qu’il contient en réalité deux tomes. Parfois, c’est le contraire, l’histoire s’arrête avant ce qu’on avait prévu. Il est donc possible qu’il y ait plus de 7 tomes. L’idée est de les sortir suffisamment proches les uns des autres pour que les lecteurs ne perdent pas le fil.
  • Toute l’histoire jusqu’à la fin est-elle déjà programmée, ou est-ce que tu te laisses une marge de manœuvre suivant les retours des lecteurs ?
Je sais dans les grandes lignes ce qui va se passer dans les 7 tomes prévus. Je connais la progression générale de mon héroïne, et même la scène finale de la saga. Mais de nouveaux personnages émergent à chaque tome. Des évènements imprévus surviennent. Me fixer un début, une fin et 7 étapes dans le récit me permet de savoir d’où je pars et où je vais. Toutefois, il est possible (et même souhaitable) que le chemin soit plus tortueux que ce qui est prévu. Je veux rester souple. Je me demande même si je ne vais pas changer de personnages par la suite, sans pour autant abandonner Ameyal. Il pourrait être intéressant d’avoir la vision d’un héros conquistador !

Maintenant parlons un peu de toi si tu le veux bien.

  • J’ai vu dans ton itw YouTube Amazon plumes francophones 2017 que tu étais le vainqueur du speed dating du salon du livre 2017 ! Tu peux juste expliquer le concept ??
Il s’agit d’une mise en avant d’un ou plusieurs auteurs francophones par Amazon lors du Salon du Livre de Paris, chaque année. Il faut d’abord s’inscrire, puis pitcher son roman à un jury composé d’auteurs « expérimentés » et de membres Amazon. Chaque candidat dispose de 5 minutes pour convaincre le jury de choisir son roman plutôt qu’un autre, et le jury va également lire le premier chapitre du livre présenté.
Ensuite, chaque jury désigne son candidat préféré et tous les finalistes, représentés par l’un des membres de leur jury, s’affrontent lors du jury final. Le vainqueur bénéficie d’une mise en avant Amazon à hauteur de plusieurs milliers d’euros et d’un bandeau de lauréat. Et ses bénéfices sont bien plus grands que cela : cela lui permet de sortir de sa tanière, de montrer son travail au monde, de rencontrer et sympathiser avec les auteurs et membres Amazon. Bref, une chance pour tout jeune auteur !
NB : n’hésitez pas à venir me contacter ou venir me voir si vous participer au Speed-Dating 2018, je serai membre du jury
  • Ton envie d’écrire date de tes 15/16 ans, tu réalises ton rêve je suppose ?
Exactement. L’écriture a recommencé avec des cours du soir pendant un an, puis une formation poussée (un week-end par mois) pendant deux ans, d’où les trois ans de dramaturgie dont j’ai parlé plus haut.
Aujourd’hui, j’écris tous les jours, de plus en plus de lecteurs me contactent et je commence à envisager la possibilité de faire de l’écriture ma vie à long terme. Il va encore falloir beaucoup de travail et de livres, mais j’aime ça, ça me fait vibrer, je peux travailler non stop pendant des jours, des mois entiers dans cette direction.
  • Tu te rends compte de la chance que tu as de pouvoir concilier ta vie professionnelle et l’écriture ?
J’aime la citation de rêne Char qui dit « impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque ». Pour moi, la chance ne tombe pas par hasard. Le travail, la pensée peuvent la déclencher ou tout au mois l’accueillir dans les meilleures conditions.
J’ai choisi un métier qui me laisserait du temps pour écrire, même si je le paye avec des heures de travail de nuit et des horaires décalés. J’ai donc choisi d’assurer mes arrières pour pouvoir travailler ma passion sans contrainte. Aujourd’hui, je me dis qu’un jour, peut-être, je parviendrai à faire de ma passion ma source de revenu pour vivre. Et là, ce sera le paradis !
  • En farfouillant à gauche et à droite, j’ai vu que tu avais écrit d’autres lives, nouvelles, est-ce que maintenant tu vas t’en tenir uniquement à la saga, ou vas-tu faire d’autres livres entre les tomes ?
J’ai écris un recueil de nouvelles intitulé Réalités Invisibles. Il s’agissait du premier travail que je devais fournir lors de ma formation à la dramaturgie. Des nouvelles fantastiques qui ont pour thématique la lutte contre des forces qui nous dépassent, telles que la mort, le temps, le passage à l’âge adulte, le deuil, l’égoïsme, qui sont souvent incarnées par des forces maléfiques. Ces histoires sont à l’image d’Aztèques : de l’action, des rebondissements et du suspense. Elles ont reçu un très bon accueil de la part des lecteurs.
J’ai actuellement deux romans en cours que j’aimerais terminer. Je vais essayer de les sortir entre les tomes à venir d’Aztèques :
— « Kostas Niemand, un roman inconfortable sur les relations », coécrit avec Laurent Personne, à paraître en 2018. C’est de la littérature blanche qui a pour thématique la fidélité et la liberté. L’histoire d’un homme insatisfait sexuellement dans son couple qui va finir par aller voir ailleurs. Je vous préviens, ça risque d’être très, très cynique
— « Prison Experiment » : une jeune mercenaire doit exfiltrer un prisonnier d’une prison dont personne n’est jamais sorti et qui a été abandonnée par la CIA en pleine zone 51. Le genre est plutôt action, thriller technologique, young adult.
Donc oui, je pense que je vais poursuivre la saga Aztèques en priorité, tout en publiant des unitaires au coup par coup à côté.
  • Pour terminer cette interview, est-ce que les lecteurs auront le plaisir de te trouver à des salons, séances de dédicaces en 2018 (et près de chez moi par la même occasion) ?
Comme je l’ai expliqué brièvement, j’ai la joie et l’honneur d’être invité par Amazon KDP au prochain Salon du Livre de Paris en tant que membre du jury du Speed-Dating. Je vous invite à venir m’y rencontrer pour discuter, participer au Speed-Dating ou vous faire dédicacer un livre
Le Salon du Livre de Genève me tenterait bien, il faudrait que je vois dans quelles conditions je pourrais m’y rendre, ce serait l’occasion de se rencontrer en vrai. N’hésite pas Isa si tu as un bon plan
Eric, je te remercie infiniment pour tous ces moments de partages, c’est un grand plaisir de pouvoir faire partie de cette belle aventure. Je souhaite un grand et très long succès à ton nouveau roman et à toute la saga Aztèques. Merci également infiniment d’avoir pris le temps pour cette petite interview.
Amis lecteurs je vous conseille vivement la lecture de LA VOIE DU PAPILLON »

BANDE ANNONCE DE La voie du papillon :

Interview de Fans de nouveaux auteurs

Le 5 décembre 2017, j’ai eu l’occasion d’être invité à une journée d’interview sur la page Facebook du groupe Fans de nouveaux auteurs. Le concept est très intéressant car elle a lieu en live et tout le monde peut poser les questions qu’il souhaite.
J’ai retranscrit ici l’interview qui explique entre autres pourquoi j’écris, depuis quand, comment, qui évoque la genèse de la sage Aztèques et d’autres choses encore.
Bonne lecture !

« Début de l’interview :

Maité Pasero : Administratrice du groupe Fans de nouveaux auteurs :

#unlivre#unjour
La vingtième et une ième

Bonjour les fans.
Aujourd’hui, nous recevons Eric Costa.
Vous pouvez lui poser des questions en commentaire. N’hésitez pas.

Aztèques - Harem Eric Costa

Maité Pasero : Bonjour Eric Costa. Sois le bienvenu dans cette rubrique

Bonjour Maité, bonjour à toutes et à tous, merci de m’accueillir parmi vous

— Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Disons que je suis un grand rêveur qui essaye de garder les pieds sur terre !
Dans la « vraie vie » je travaille dans le monde de l’aviation

— Dans l’aviation… C’est déjà un peu être dans les nuages Eric

— L’écriture est elle une passion, comment t’es venu l’envie d’écrire ?
Oui l’écriture est une passion, dans le sens où elle me manque si je n’écris pas un jour. Dans celui où je ne vois pas le temps passer et ou elle me fait vibrer.
Parfois, lorsqu’on écrit, quelque chose se passe, on devient le premier lecteur ou observateur de la scène qu’on est en train d’imaginer. Comme si on était un canal relié à quelque chose d’universel qui passe à travers nous. Les doigts ont du mal à suivre sur le clavier. Les larmes coulent ou on rit malgré nous. Voilà pour moi le nirvana de l’écriture.

J’espère que je ne passe pas pour un illuminé si d’autres auteurs peuvent partager leurs impressions je suis preneur !

 
— C’est ton premier livre, et te voilà déjà primé. T’attendais tu à une telle réussite ?

 Lorsque je suis monté au salon du livre de Paris avec des exemplaires d’Aztèques dans ma valise, je dois dire que je riais un peu de moi-même !
« Mais qu’est-ce ce que tu espères avec tes livres, toi qui ne connais pas plus de gens au SDL qu’à Tahiti … que Gallimard te repère et te publie ? »
J’avais l’impression d’être un ersatz de Rastignac, du genre « à nous deux, Paris » et en même temps je trouvais ça drôle.
« Il n’y a que les folies que l’on ne regrette jamais », a dit l’ami Oscar, et je suis entièrement d’accord avec lui.
J’ai suivie une formation longue et excitante en dramaturgie où j’ai beaucoup appris. J’ai travaillé.
Je me suis dit « pourquoi pas ? »

Séverine Vialon : Est-ce un roman pure fiction ou pourrait-il être considéré comme historique ?
Ce roman raconte l’histoire d’un personnage imaginaire dans un cadre historique qui représente pour moi l’un des plus grands moments de l’histoire : la rencontre entre l’ancien et le nouveau monde.

— Valérie Bel : Coucou Eric, comment t’es venu l’idée de cette saga ? Pourquoi le monde aztèque ? Et pourquoi une héroïne féminine, toi qui es un homme ?
Bonjour Valérie, merci pour ces questions !
Je voulais écrire une histoire sur plusieurs tomes dans un univers médiéval qui n’ait pas été trop « creusé », l’idée étant d’avoir plus le temps de développer des intrigues et des personnages que dans un unitaire.
Lors de mes recherches, une amie m’a parlé de l’existence du « tribut » aztèque, c’est à dire de l’impôt que devaient payer les cités-état à la capitale de l’Empire aztèque.
Elle a ajouté que des razzias pouvaient avoir lieu dans les villages environnants pour le constituer.
Une histoire m’est alors venue à l’esprit : celui d’une jeune fille de chef arrachée à son village et plongée dans un nouveau monde, le tout étant lié à la constitution du tribut.
Sa lignée, son caractère et les épreuves traversées forment le socle d’un besoin de réparation, voire de vengeance, le tout étant mêlé à son ambition personnelle.

 J’aime les héroïnes féminines notamment car elles ne peuvent jouer les gros bras comme Conan. Elles sont à la fois plus fortes et plus fragiles.

Cela me force à chercher des solutions plus fines, plus creusées que ce que je ferais avec un héros masculin.
Dans une tentative d’ascension vers le pouvoir dans une société patriarcale telle que celle des Aztèques, une femme va éprouver plus de difficultés qu’un homme, et c’est ce challenge qui m’intéresse.
Le conflit étant plus élevé, il devient plus intéressant.
— Valérie Bel : Et c’est réussi : ton héroïne a une forte personnalité, tout en laissant transparaître une certaine sensibilité. C’est un joli mélange
Merci !
— Malia Rigazzo : Bonjour Éric, as-tu un nouveau projet de roman ?
Bonjour Malia, merci pour ta question ; en effet je travaille sur la suite d’Aztèques, à paraitre ce mois-ci, sur un roman de type action/young adult ainsi que sur un roman écrit à quatre mains avec un ami, que je classerais en « littérature blanche cynique et déjantée ».
Donc trois projets dont le plus gros est Aztèques !

— Isabelle Piraux : Bonjour Éric Eric, quand trouves tu le temps d’écrire et à quelle fréquence ?
Merci Isabelle pour ta question : j’ai choisi un métier qui me permet de travailler en horaires décalés pour pouvoir écrire.
J’écris chaque jour, une grande partie de mon temps libre lorsque je suis en repos, et souvent durant mes pauses au boulot.Voir plus
J’aime la définition du succès de Earl Nightingale :
L’image contient peut-être : 1 personne, lunettes et texte

Le succès, c’est de faire un pas chaque jour vers la réalisation de ses objectifs. Donc même une phrase, un mot, c’est déjà avoir du succès 😉

— Amélieb auteur : Hello ! Etre Lauréat a-t-il changé quelque chose? Vente? Visibilité? Contact?
Bonjour Amélieb, oui bien sûr. Je dirais d’abord que ce qui change quelque chose, c’est de sortir de sa tanière d’auteur et se montrer au grand jour.
Par exemple, personnellement, je pense que monter au salon du livre de Paris peut déjà changer quelque chose.
Rencontrer les auteurs comme Valérie, qui faisait partie du jury du speed dating Amazon.
Rencontrer les membres Amazon. Assister à des conférences sur l’auto édition.
Tout ça change quelque chose.
Eric Costa Être lauréat, c’est encore mieux, car cela te permet de mettre en place une relation avec les membres Amazon qui t’aident et te mettent en avant avec une offre éclair.
Eric Costa Donc vente oui (plus de 530 pour ma part en offre éclair)
Visibilité : oui, le temps de l’offre et grâce au bandeau.
Contact, ça c’est surtout dû au fait d’être allé vers les auteurs et les membres Amazon, et c’est un oui également, j’ai rencontré des gens géniaux et nous sommes restés en lien, ce qui est particulièrement bien pour un auteur qui travaille plutôt seul
Amélieb Auteur oui, c’est dur de sortir de sa tannière, mais on y trouve que du bon dehors ! C’est très enrichissant de partager son expérience et d’apprendre des autres ! Merci pour ce retour d’expérience !

Amélieb entièrement d’accord, merci encore pour tes questions

Aloisia Nidhead : Bonjour Eric, je vois que tu as plusieurs projets en cours, tout en travaillant à côté. Je te tire mon chapeau ! Comment réussis-tu à gérer tes différents projets ? Tu passes de l’un à l’autre facilement ?
Bonjour, Aloisia, et merci !
Il m’est arrivé de les travailler tous à la fois, mais dans des phases de finition c’est plus délicat, car il faut tout avoir en tête tout le temps.
Je les aborde donc en séquence en ce moment.
Je repense à un sculpteur qui m’a dit un jour qu’il devait travailler quatre ou cinq statues à la fois car sinon il ne voyait plus rien. Je pense que c’est pareil en écriture. Passer de l’un à l’autre peut permettre de laisser reposer et d’y voir plus clair, de revenir à un projet avec plus d’envie, de faire en sorte que les œuvres se nourrissent l’une l’autre.
Donc je dirai suivant la phase, avancer sur plusieurs front en parallèle ou se concentrer essentiellement sur l’un d’entre eux dans les phases critiques !
Aloisia Nidhead Merci pour la réponse Eric.
Personnellement j’ai beaucoup de mal à travailler sur deux projets en même temps. J’ai toujours peur de me disperser. Mais il faudrait que je tente l’expérience !
Aloisia super si ça t’a aidé
Maité PaseroAdmin du groupe : Eric, as tu passé du temps à faire des recherches historiques pour écrire ton livre ?
Oui, j’ai lu et visionné tout ce que je pouvais (et ça continue) sur les aztèques, mayas, incas, conquistadors. Je me suis aperçu qu’il y a assez peu de romans sur ce sujet, et les connaissances que l’on a sur ces civilisations disparues sont plutôt lacunaires.
Idéal pour un romancier qui adore imaginer comment combler les vides !
Maité PaseroAdmin du groupe Eric combien de temps as tu mis pour l’écrire ?
Euh… 2 ans ! (Mais ça n’a pas été continu, la vie n’étant pas toujours, comme chacun sait, un long fleuve tranquille )
Pour la suite je me suis fixé environ six mois par livre. Il faut le temps de la première version, celle écrite « avec les tripes ». Puis du repos pour revenir avec un oeil neuf (cf. Écriture, de Stephen King). Puis la réécriture (celle écrite « avec la tête ») qui pour moi est le passage le plus long.
Pas facile dans un monde où tout pousse à la conso !

Vanaly Nomain Bonjour Maité Pasero, bonjour Eric Costa, quelles sont tes sources d’inspirations littéraires?

J’ai un gros gros faible pour Tolkien, Poe, Stephen King, Lovecraft.
J’aime tout ce qui ouvre sur des explications autres que celles que nous donnent les scientifiques occidentaux (dont je fais moi-même partie en quelque sorte, en temps qu’ingénieur)

C’est en partie la raison pour laquelle j’ai choisi les Aztèques, qui représentent un monde réel, un environnement tangible et historique sur lequel planent des croyances, des mystères, des dieux trop nombreux pour être nommés, des guérisseurs, des devins et autres sorciers.

Le tout étant laissé à la libre interprétation du lecteur.
Ameyal y croit, elle.

Le dernier livre qui m’a marqué est L’attrape-Coeurs, de Salinger. Comme son héros Holden Caulfield, Ameyal va apprendre comment passer de l’enfance au monde adulte, au fil des épreuves et avec l’amour comme solution (au sens large du terme).
D’ailleurs, Vanaly, je n’ai pas encore lu ton livre Emulsion, qui est dans ma pal, mais je pense qu’on a des goûts en commun et que je vais l’adorer

Vanaly Nomain C’est très intéressant

Vanaly Nomain Arrives tu à lire lorsque tu es en phase d’écriture?

Question très pertinente qui concerne tous les auteurs !
C’est jamais évident.
Le temps ne peut s’étirer à l’envi, et la construction d’un roman en nécessite tellement.
Par contre oui, je lis chaque soir avant de m’endormir. Pour le tome 2 à paraître, je lisais (et lis encore) des récits Aztèques pour m’immerger totalement, en recherchant cet état où tout « coule » naturellement sans que cela donne une impression de « forcé » à la lecture.
Ensuite, j’ai attaqué les témoignages de conquistadors qui me permettent de mieux voir les différences entre les amérindiens et nous à cette époque.
Donc je dirais oui, et même que la lecture pendant l’écriture peut servir l’écriture et la créativité
Vanaly Nomain Merci pour tes réponses qui sont vraiment intéressantes !
Eric Costa : Vanaly et toi tu arrives à lire quand tu écris ?

Vanaly Nomain Non je n’y arrive pas. En fait je n’avais pas trop lu pendant des années avant Emulsion. Et depuis que je l’ai lancé, je relis… mais je crois que ça ne m’aide pas. J’ai besoin de rentrer en moi…

Vanaly Nomain Depuis quand écris tu?

 J’écrivais des nouvelles à mon meilleur ami au lycée. Après une formation à la dramaturgie, ce sont devenus des romans

Vanaly Nomain C’est intriguant cette formation…

En gros l’idée est de comprendre comment se construit une histoire, conscientiser ce qu’on fait plus ou moins naturellement pour être plus intentionnel et efficace.

Maya Maya Bonjour Eric Costa, tu as changé la couverture d’Aztèques ? Pour quelle raison ?

Eric Costa J’explique ce changement dans un billet de blog que vous pouvez trouver ici : https://costaeric.fr/…/nouvelle-couv-dazteques-saison…/

En résumé, l’ancienne couverture ne reflétait pas suffisamment l’héroïne et l’histoire.
En outre, ce changement a été l’occasion de travailler avec un illustrateur, Julien Lesne, qui a aimé l’histoire et travaille actuellement sur la couv du tome 2.
Nous allons ainsi « grandir » côte à côte au fil de l’histoire d’Ameyal, et partager ses aventures ensemble. Et qu’y a-t-il de mieux que partager sa passion ?
Maya Maya Ok merci , je comprends mieux
Laurence Colin le regard de tes proches a t- il changé quand tu es sorti de l’anonymat? si oui , comment? ( si ce n’est pas indiscret, bien sûr) et comment le vis-tu? ( idem)
Merci Laurence pour tes questions
Alors c’est assez marrant, je ne crois pas que ma mère et mon père aient lu ce roman. Je ne sais pas pourquoi, ça leur appartient. L’une de mes soeurs a lu et aimé, elle paraissait pour le moins surprise et a fait ma pub dans une grande partie de la famille, qui a aimé et salué mon travail à son tour.
Ma copine participe à l’élaboration des histoires, me conseille, me donne son avis, elle aime ce côté créatif et m’aide à avancer, j’ai vraiment de la chance de ce côté là.
Au boulot, ils ont tout simplement halluciné. Ils ne s’attendaient pas du tout à ça et me regardent… je ne sais pas vraiment comment. Quelqu’un d’un peu bizarre je pense !
Je dirais donc que le regard de certaines personnes a changé et plutôt en bien.
Comment je le vis : autrefois, je demandais l’avis à tous dès que je voulais faire quelque chose.
Résultat, tout le monde avait un droit de regard sur ma vie et pouvait influencer mes décisions, car je croyais que les autres faisaient mieux que moi.
Ça m’a fait faire de bonnes choses comme de mauvaises.
Aujourd’hui, je pense que l’autonomie et l’indépendance sont deux choses très importantes, et je ne veux pas que mon bonheur soit contingenté par l’opinion des autres.
Si leur regard change, je le remarque et l’apprécie, et je continue ma route en sachant pourquoi et surtout pour qui je le fais.
J’espère que ça répond à ta question
Laurence Colin Eric Costa oh oui! Quelle (belle sagesse)
Hahaha
Philo de comptoir oui !
Je suis preneur si tu veux partager ton avis
Laurence Colin Eric Costa c’est difficile de garder indépendance et autonomie, j’aimerais savoir le faire, sans souffrir du désintérêt qui pourrait bien en découler… quand on aime partager, il faut savoir se vendre, aguicher ses lecteurs, est-ce bien compatible? j’ai du changer légerement mon dernier manuscrit pour trouver » maison à mon pied » …( tu comprends, le passé composé ne se fait plus, parait-il…et épicer un peu certaines descriptions . Je m’y suis pliée de bonne grâce parce que cela n’était pas contre nature pour moi , mais n’empêche… comme je ne suis pas autonome pour m’auto éditer..)
Eric Costa Laurence oui je parlais plutôt d’autonomie émotionnelle.
Je te rejoins totalement : pas facile de se vendre et aguicher en effet, ce sont deux métiers si différents !
Laurence Colin Eric Costa concernant le regard…. je vois bien qu’on a du mal à être pris au sérieux tant que les livres se deviennent pas des objets. Alors si tu y arrives, chapeau! et si tu as une recette? un mantra? je suis preneuse j’ai bien du chemin à faire me concernant !
Eric Costa Laurence ah, la vie des livres…
Laurence Colin Eric Costa j’aime ce terme, qui a tant de sens à mes yeux…
Un grand merci encore à toi Maité ainsi qu’à tous les membres pour votre accueil et vos questions « 
Fin de l’interview de Fans de nouveaux auteurs.
Merci de l’avoir lue jusqu’au bout. N’hésitez pas à liker et commenter cet article.

 

Aztèques : Harem : interview écrite par Alice Quinn

Entretien avec ERIC COSTA, par ALICE QUINN

 

OUVRAGES DE ERIC COSTA

 

Aztèques – Harem

Réalités invisibles, recueil de nouvelles

 

Ton roman nous fait faire un bond dans l’histoire de 500 ans, puisqu’il nous emporte au cœur de la civilisation aztèque.

Mais là il ne s’agit ni de magnifier cette civilisation, ni de la voir par les yeux du conquérant espagnol, comme on en a souvent l’habitude, tu as choisi –dis moi si je me trompe- de nous faire vivre l’épopée d’une jeune fille, survivante d’un village pillé et massacré par les Aztèques, justement.

1/ Peux tu nous présenter ton roman en quelques phrases? Une sorte de pitch ? Un peu ce que tu as fait au speed-dating…

 

La série pose la question suivante : une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

 

L’histoire se déroule au Mexique, et commence juste avant la rencontre entre l’Ancien et le Nouveau Monde.

 

« Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.
Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.
Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.
Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ? »

 

NB : mes sources d’inspiration sont autant Epouses et concubines de Su Tong que Conan le barbare de Robert E. Howard. Je sais, c’est un cocktail détonant !

 

2/ Pourquoi le choix de l’historique ?

Lorsque j’ai écrit mon recueil de nouvelles fantastiques Réalités Invisibles, j’ai été confronté à une réaction étrange des gens : beaucoup considèrent que le fantastique est un sous-genre littéraire alors que de grands écrivains comme Maupassant ou Théophile Gauthier on écrit dans ce genre. Ils ont été agréablement surpris et ont aimé mes histoires, mais je me suis dit qu’une série purement fantastique aurait peut-être du mal à trouver ses lecteurs.

A tord ou à raison, je me suis dit que l’historique était peut-être un genre plus noble, intéressant de par le côté aventures. Et puis je voulais tester autre chose que ce que j’avais fait jusqu’alors, à savoir surnaturel, horreur et fantastique. Je cherche à la fois à développer mes compétences d’auteur et à trouver ce qui fonctionne le mieux pour moi.

 

3/ D’où est venue ton idée? Pourquoi cette période ? Pourquoi cette région du monde ?

Je voulais écrire une série dans le monde médiéval avec un très subtil soupçon de fantasy, mais différent de Games of thrones.

C’est alors qu’une amie qui étudiait les Aztèques à l’école du Louvre m’a raconté que les villes conquises par les Aztèques devaient payer un tribut à l’empereur Moctezuma. Ça m’a tout de suite donné cette idée de jeune esclave déportée et plongée dans un monde inconnu. Je me suis renseigné sur le monde aztèque : un univers de conquêtes, de croyances, de sacrifices humains avec un haut niveau de connaissance et de philosophie. En outre, c’est à cette époque que se déroule la rencontre entre le Nouveau et l’Ancien Monde, une période de l’histoire tout a fait fascinante et remplie d’évènements épiques que je peux exploiter.

Enfin, cette civilisation étant mal jugée et ayant été totalement supprimée de la carte, il s’agit de leur rendre justice, en quelque sorte.

Le tout dans un pays que j’ai eu l’occasion de découvrir en voyage et dont je suis tombé amoureux de part ses paysages, son climat, sa richesse culturelle et gustative (nous restons français avant tout !).

 

4/ Ton protagoniste principal est une jeune fille. As-tu des points communs avec elle? Lesquels ?

C’est marrant que tu me poses la question. La plupart de mes protagonistes sont des filles ou des femmes car elles sont plus fragiles physiquement et peut-être plus fines intellectuellement. En tout cas elles ne peuvent se reposer sur leurs gros bras !

Des points communs, bien sûr ; je suis aussi têtu qu’elle ! Plus sérieusement, il y a l’ambition, la persévérance et le courage, même au fond du fond. C’est l’un des messages que je veux véhiculer à travers ce récit : même lorsque rien ne va, gardez vos rêves et vos espoirs. Ne les perdez jamais de vue. Battez-vous pour eux quelques soient les épreuves à traverser ; ils finiront par devenir réalité.

Au début Ameyal est impulsive et se laisse entraîner par ses émotions, au risque de commettre d’énormes erreurs. A la fin du tome 1 elle est déjà plus réfléchie et commence à calculer. Mais il lui reste énormément de choses à apprendre si elle veut assouvir ses ambitions !

 

5/ S’il y avait un personnage secondaire auquel tu t’identifies, ce serait lequel ?

Ce serait peut-être Chimalli, l’un des gardes du harem. Il a un cœur gros comme ça, mais il a peur. Il est tiraillé entre l’envie d’aider Ameyal, voire de l’aimer, et son ambition personnelle : devenir membre de la garde personnelle du Maître. Je dirais que je suis un Chimalli qui a de moins en moins peur et qui est de plus en plus libre !

 

6/ Cherches-tu, à travers ce roman, à traiter d’un thème spécial ? à dire quelque chose à ton lecteur ?

Évidemment. La thématique d’un livre est pour moi essentielle. C’est même en partant de la thématique que je construis la série aujourd’hui. Pourquoi ? La thématique est le message qu’un auteur fait passer. Il est illustré par la transformation du protagoniste. Le thème de la série est le pouvoir, qui a toujours été moteur pour l’humanité. Le point de vue sur ce thème sera la réponse aux questions : comment accéder au pouvoir, comment l’exercer et le garder ? Qu’est-ce qui fait un bon dirigeant ? Question au combien d’actualité !

Et la réponse, vous l’aurez en lisant cette histoire…

 

7/ Quels sont tes recettes pour organiser ta structure de récit?

Pour écrire mon recueil de nouvelles (et mes trois autres romans non publiés), je partais de structures de scénario auxquelles je commence à être à peu près habitué.
Pour Aztèques, j’ai décidé d’aller beaucoup plus loin. J’effectue un travail sur la thématique, et je l’illustre par les transformations que vit l’héroïne à travers le récit. J’utilise la structure du chemin du héros, de Joseph Campbell dans Monomyth (structure notamment utilisée dans Star Wars 4).

 

8/ Comment qualifierais tu ton style d’écriture ?

J’écris désormais au présent. Cela me force à rester simple et ne me prendre pour Proust.

Je dirais que mon style est simple, efficace et fluide. Je fais beaucoup référence aux cinq sens pour faciliter l’immersion du lecteur.

J’ai pour modèles des écrivains comme Camus, Le Clezio ou Saint Exupéry. Je pense qu’un style simple, contrairement à un style simpliste, demande une grande pratique de l’écriture et une bonne maîtrise de la langue. Lorsque l’histoire me le permet, j’essaye de faire apparaître des touches de poésie et de trouver des associations, des musicalités originales. Parfois, une belle phrase apparaît, comme une rose au sein d’une étendue verte.

 

C’est le moment où je me fais plaisir, je lis un extrait de ton roman. J’adore lire à voix haute…

Peux-tu coller ici le passage que tu désirerais entendre lu ?

 

 

Necahual s’arrête devant un rideau brodé. Une ronde colorée d’enfants et d’oiseaux ressort sur le fond blanc.

 

— Seconde sœur, voici la nouvelle esclave comme vous avez demandé.

— Fais-la entrer et laisse-nous, répond une voix. Toi aussi, Quinametli.

 

Le rideau d’entrée s’écarte dans un tintement de clochettes, dévoilant le corps rond d’une femme. Le visage fermé, elle jette un regard froid à Ameyal et lui indique de passer. La jeune fille pénètre dans la pièce et fait le signe d’embrasser la terre :

 

— Bonjour, seconde sœur.

 

L’imposante esclave quitte la pièce en soupirant. Ameyal l’entend se plaindre à Necahual, puis les voix s’atténuent à mesure que les deux esclaves s’éloignent dans le couloir. Un parfum de miel flotte dans l’air encore frais du matin. Assise dos à Ameyal, Coatzin scrute la jeune esclave dans un miroir d’obsidienne qu’elle tient dans sa main.

 

— Lève-toi.

 

Ameyal s’exécute en gardant les yeux baissés. À ses pieds gisent des jouets de bois ainsi qu’une poupée de chiffon qui tient un petit miroir. Lentement, la seconde épouse s’approche d’elle. Elle porte une robe de plumes vert-pâle disposées comme des écailles. À son cou luit un collier vert translucide.

Des émeraudes.

La jeune fille tressaille. Le bijou lui rappelle l’inconnue qu’elle a croisée lorsqu’elle a volé l’octli.

Un rictus se dessine sur les lèvres de Coatzin, qui s’approche et tourne plusieurs fois autour d’Ameyal. Puis, la seconde sœur pose une main sous le menton de la jeune fille pour lui faire lever le visage. Sa peau est à la fois lisse et froide.

 

— Quel magnifique regard. Tu vas faire des envieuses !

Ameyal s’éclaircit la gorge. À son tour, elle observe Coatzin. Sa chevelure, attachée en arrière, descend jusqu’à sa taille. Ses yeux saillants surplombent deux profonds cernes striés de ridules, comme une paroi qui commence à se lézarder.

— Inutile de trembler. Personne ne te veut de mal, ici.

 

Le visage d’Ameyal reste crispé. La seconde épouse se retourne et marche vers la fenêtre en se tenant le ventre. Ameyal se baisse et saisit le petit miroir, qu’elle dissimule sous sa jupe. Parvenue à la fenêtre, Coatzin n’est plus qu’une ombre dans la lumière éclatante.

La jeune fille balaye la pièce d’un bref coup d’œil. Contre les murs de la chambre sont disposés coffres, sièges et meubles bas. Dans un coin s’élève une estrade tapissée de coussins et d’édredons blancs. Le clapotis rythmé des pierres contre les metlals remonte jusqu’à elle, affaibli par la distance et la hauteur de la chambre.

 

— Belle journée, n’est-ce pas, remarque Coatzin.

— Oui, seconde sœur.

Ameyal plisse les yeux pour discerner les traits de la seconde épouse à contrejour.

— Nous vivons dans un véritable paradis.

Une grimace furtive semble strier le visage de Coatzin, qui s’adosse au rebord de la fenêtre :

— Dommage qu’il soit infesté de vipères.

— Pourquoi m’avez-vous demandée, seconde sœur ?

— Prend la bourse qui se trouve sur le lit.

La voix de la seconde épouse s’est faite sèche. Ameyal gagne l’estrade en contemplant les édredons blancs, vaporeux comme des nuages. Sur les draps soyeux repose un petit sac de cuir qu’elle saisit.

— Ouvre-le, poursuit Coatzin.

La jeune fille s’exécute. La bourse contient cinq fèves de cacao.

— Je veux que tu la portes cette nuit au chef de la garde.

Ameyal sent un frisson la parcourir. Elle repense à la traîtrise de Chimalli, à sa tentative d’évasion avortée et à ce qui en a découlé. Coatzin se rapproche, les sourcils froncés :

— Tu connais Amocualli ?

— C’est lui qui m’a escortée jusqu’au harem.

— Très bien. Ça facilitera ta mission. Il attendra dans la cour extérieure au gong de minuit.

 

Agitée à l’idée de revoir Amocualli, la jeune fille hésite à faire volte-face et courir dans les escaliers. Mais une pensée la retient. Si Coatzin est bien la femme qui l’a surprise en train de voler l’octli, elle représente une menace qu’elle ne peut ignorer.

 

— Necahual nous enferme la nuit, finit-t-elle par dire.

Coatzin répond en désignant un crochet de bois sur une table :

— Voici de quoi déverrouiller la trappe.

Ameyal s’approche de l’objet fin et robuste. Elle le soupèse et l’examine. Sans doute plus efficace que la branche utilisée précédemment.

— Dissimule ces deux objets dans ton corsage, et surtout ne les perds pas.

Ameyal s’exécute.

— En échange de cet argent, Amocualli te donnera deux fioles. Tu les apporteras directement ici, sans en perdre une goutte.

— Et si quelqu’un me voit ?

— Il y a peu de chance que cela arrive. Les concubines sont tenues de garder leur chambre durant la nuit. Fais ce qu’il faut pour ne pas être vue.

Un cri s’échappe soudain de la bouche de Coatzin, qui s’affaisse sur le sol. Hésitante, Ameyal fait un pas vers elle.

— Ne t’approche pas !

La jeune fille s’arrête. La seconde épouse tient son ventre en gémissant. Une grimace déforme son visage :

— Il me faut les fioles cette nuit même. Compris ?

— Oui, seconde soeur.

— À présent disparaît. Je ne veux pas que ta présence soulève de questions.

 

Chassée d’un mouvement de main, Ameyal s’incline et quitte la pièce. Le crochet de bois frotte contre sa peau aux côtés de la bourse et du miroir. La voix de Coatzin retentit lorsqu’elle pose les pieds sur l’escalier :

 

— Au fait, tu peux garder le miroir de ma fille. Fais-en bon usage.

 

La jeune fille déglutit.

 

9/ Pourquoi as-tu choisi l’auto-édition?

J’ai été formé à la dramaturgie par un scénariste qui nous a tout de suite parlé d’Amazon KDP. Je suis donc tombé dedans avant même de me poser la question. Beaucoup m’ont confirmé que les maisons d’éditions ne laissent que très peu de chance aux nouveaux auteurs, ce qui m’a confirmé dans ce choix. En outre, j’aime avoir prise sur le destin de mes livres et je réalise que certains auteurs indépendants sont contactés par de grandes maisons d’éditions. C’est donc une voie porteuse.

 

10/ Quelles sont tes belles surprises vécues depuis que tu as commencé à t’autoéditer ?

Lorsqu’une ou un inconnu me laisse un commentaire sur Amazon. Je me dis que j’ai réussi à créer une histoire, un univers qui a été visité, aimé par un autre être humain. C’est un acte d’échange, presque d’amour.

En écriture, ma plus belle surprise est arrivée lorsque je rédigeais The prison Experiment, un roman non encore publié. J’écrivais dans un jardin. Je voyais mes personnages évoluer devant moi, et mes doigts avaient du mal à suivre leurs actions. Je ne faisais que retranscrire ce que je voyais, ni plus, ni moins. J’étais connecté. Certains auteurs pensent que nous sommes un canal avec l’univers quand de telles choses se produisent. Ils parlent encore d’inconscient collectif et de Young. J’aime ces idées…

 

11/ Quel est ton prochain roman? Tes prochains projets?

Ma série Aztèques se structure autour de 7 tomes, peut-être plus, qui correspondent aux grandes étapes de développement d’Ameyal.

La saison 2 comptera 6 épisodes riches en surprises et rebondissements, toujours beaucoup de suspense, l’histoire s’ouvrira et nous découvriront d’autres univers que le harem. Ce tome est prévu vers octobre-novembre de cette année. Ensuite, si tout va bien, je sortirai une saison tous les six mois.
Parallèlement, j’aimerais terminer The Prison Experiment, un récit d’action/aventures moderne de type young adult. J’ai également un roman à quatre mains en cours, qui traite du couple, des rêves, des peurs, des rêves et lâchetés humaines.

 

 

12/ le truc de l’écrivain : quel conseil d’écriture donnerais-tu à un jeune auteur ?

L’écriture n’est pas une voie facile. Un roman demande énormément de travail et peut passer de bon à mauvais avec seulement quelques éléments manquant. Ne vous découragez-pas. Faites-vous confiance et faites entendre votre voix. N’hésitez pas à demander des conseils ou à vous former à la dramaturgie. Si le style ne peut être appris avec des leçons, la façon de raconter votre histoire et de captiver votre audience peut l’être. Et bien sûr, lisez tout ce que vous pouvez.

 

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Extraits de commentaires des lecteurs sur Amazon :

— Une écriture superbe, précise. Aucun temps mort. On voudrait que la pauvre héroïne ait le temps de souffler. Mais elle est le jouet d’un destin cruel qui s’acharne, dans un monde où chacun survit comme il peut. On est plongé dans un récit exotique et violent à la beauté hiératique.

— L’auteur a été à la hauteur de mes espérances dans tous les points qui, à titre personnel, caractérise un bon roman : finesse d’écriture au service d’une histoire tumultueuse, description précise sans tomber dans la lourdeur, un suspens qui nous fait défiler machinalement les pages au point de se surprendre d’être arrivé au bout. Je me languis déjà de retrouver les aventures de la jeune esclave aux yeux d’émeraude.

— Un voyage. Nous voilà loin, ailleurs, autrefois, au coeur d’une civilisation disparue, aussi fascinante qu’effrayante. Dès les premières lignes on est aspiré par l’histoire, et l’auteur nous tient jusqu’au dernier mot, même au delà.
Le style est direct, à la fois simple et précis, le rythme soutenu. Un livre efficace.
On mesure souvent le plaisir d’un roman au regret qu’on éprouve à quitter ses protagonistes: et bien c’est le cas… Alors on attend le prochain comme on se languit de la saison suivante d’une bonne série.

— Quel régal cette saison 1 d’Aztèques ! On est plongé dans l’univers tout au long du récit, on navigue d’intrigues en dénouements inattendus… Je suis passée par toutes les émotions, la petite larme, du haut le coeur au soulagement. Les descriptions sont prenantes. On a qu’une envie c’est connaître la suite des aventures d’Ameyal ! Merci pour ce moment et hâte d’en savoir plus…

Un premier Roman très abouti et bien construit. Le rythme est très soutenu et les aventures s’enchaînent à un rythme palpitant. Un jeune auteur à suivre et qui va faire parler de lui. Vivement le tome 2!

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Auteur #8: Laure Lapègue   

Nous arrivons vers la fin de l’été. Je suis partie au vert dans le Var, tandis que la plupart d’entre vous se remettent au boulot…
Ici, au milieu des vignes, c’est le temps des vendanges.

Le cru des rosés de Provence 2017 sera excellent, car la pluie s’est faite très très rare. Par contre, il y aura de gros manques. Certains vignobles ont donné la moitié de ce qu’ils donnent habituellement.
Les vendanges, de nos jours, se font à la machine, 1 hectare en moins d’une heure !!! Par contre, il reste énormément de grappes après leur départ, c’est incroyable. Bref le progrès…

Mais voilà l’entretien du mois d’Août.
Je vous avais promis Lhattie Haniel, comme quoi il ne faut pas vendre la peau de l’ours… bla bla bla… Lhattie, ce sera pour la prochaine fois… J’espère… (une pensée pour elle)

En ces derniers jours de…

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