Présentation d’Aztèques : Harem par Mayaztequemexique.fr

Je remercie chaleureusement Mélanie Chaluleau, du site Mayaztèquemexique.fr pour cette présentation de Aztèques : Harem.
Mélanie est une passionnée du Mexique sous toutes ses formes, et vous trouverez sur son site de nombreuses vidéos sur l’histoire de ce pays, les découvertes archéologiques, la culture etc. Je vous conseille d’aller y faire un tour !

« Rencontre avec Eric Costa auteur de Harem (VIDEO)

Eric Costa, contrôleur aérien dans le civil, vient de sortir son premier livre intitulé Harem. Salué par la critique, il s’inspire librement de la vie des Aztèques et raconte l’histoire d’Ameyal.

Un roman qui s’inspire de la vie au temps des Aztèques et qui a pour héroïne une jeune fille Ameyal, ça ne peut pas être mal, non ? Je n’ai pas vraiment eu besoin de me laisser convaincre pour lire le livre Harem d’Eric Costa. Tout y est : les descriptions, les noms inventés mais plus aztèques que nature, les rites et dieux du panthéon aztèque. On s’y croirait vraiment ! Quant à l’intrigue, elle mêle habilement tension, suspense, rebondissements et trahisons en tout genre. A la fin du livre, on n’a qu’une hâte, savoir ce qu’il va arriver à l’héroïne dans la suite de ses aventures !

Harem sera décliné en 7 tomes

Mais pour ça, il va falloir attendre un peu. Eric Costa, contrôleur aérien dans le civil, a auto-édité son premier livre. Très vite, il a été repéré par la plateforme Amazon qui le distribue au format électronique. Il a même obtenu le prix du roman lauréat du Salon du Livre Paris 2017 par le jury Amazon KDP.

Une rampe de lancement idéale pour celui qui voudrait devenir écrivain à temps plein et qui a déjà dessiné un avenir tout tracé à Ameyal. Ses aventures, elle va les vivre durant 7 tomes. Un projet très ambitieux qu’Eric Costa assume pleinement.  « Je suis en train de mettre en place des façons de travailler qui devraient me permettre d’arriver à mes objectifs. Je ne pars pas d’un axe dramatique, mais d’une thématique. Le héros va apprendre des choses au fil de l’histoire. Il va partir d’un état initial et va arriver à un état final. J’ai défini pour sa progression 7 grandes étapes. »

Son défi : éviter de perdre le lecteur en route

Une manière un peu clinique d’aborder l’écriture qui n’enlève rien au fait qu’Eric y « met ses tripes« . Ce qu’il veut éviter à tout prix, c’est de perdre son lecteur et de prendre l’exemple de la série Tv The Walking Dead : « On trouve un nouvel endroit, on se défend et ainsi de suite. Au final, c’est tout le temps la même histoire. » Comme on le comprend !

A quoi pouvait bien ressembler le Mexique au temps des Aztèques ?

Pour prévenir tout faux pas et avancer dans la bonne direction, Eric Costa a suivi l’enseignement d’une école de scénario.  Il s’est aussi beaucoup renseigné avant d’entreprendre l’écriture d’Harem : « J’ai passé 3 semaines au Yucatán et je suis tombé amoureux de ce pays. J’aime bien connaître les choses car après je me sens plus légitime pour écrire sur un sujet. » Pour travailler sur son roman et sa série de 7 livres, Eric Costa s’est très longuement documenté. « J’ai essayé de me procurer un maximum d’ouvrages. J’ai commencé par lire des livres de Jacques Soustelle puis Bernardo de Sahagun et Christian Duverger puis beaucoup de romans de Gary Jennings. »

Si tout se passe comme prévu, Eric Costa devrait publier le deuxième tome des aventures d’Ameyal en octobre. »

Pour en savoir plus sur Aztèques : Harem, cliquer ci-dessous :

Merci d’avoir regardé cette vidéo 🙂
Si vous avez aimé, n’hésitez pas à likez, partager ou commenter !

Merci à Laurent Fabre pour cette magnifique chronique sur Aztèques : Harem

Il y a quelques jours, je contactais Laurent sur Facebook car j’aime beaucoup les ses chroniques (Laurent est un très grand lecteur présent sur les réseaux sociaux), et parce que je me suis aperçu qu’il propose des services de bêta lecteur.
Je lui ai donc envoyé un message du type :

« Bonjour Laurent, nous ne nous connaissons pas encore mais j’adore ce que vous faites, accepteriez-vous d’être bêta lecteur pour Aztèques t2 ? »

Laurent a tout de suite accepté (et nous nous sommes aperçus que nous sommes tous deux des Alpes de Haute-Provence, un joli point commun !).

J’ai donc fait parvenir à Laurent un exemplaire Ebook de Aztèques : Harem, pour qu’il découvre l’histoire d’Ameyal et me dise s’il est d’accord pour poursuivre l’aventure sur le tome 2 en tant que bêta lecteur.

Je ne pouvais rêver mieux : non seulement il accepte d’être bêta lecteur, mais en plus il a aimé le tome 1… et cerise sur le gâteau, il l’a chroniqué !

Voici donc son analyse, que je partage avec vous. Je l’aime particulièrement, car il a su déceler le message du livre sur la place difficile de la femme et la possibilité, l’espoir de s’en sortir quelque soit la situation initiale (et ça, ça nous concerne tous !).

Encore une fois, un grand merci à toi Laurent, et à très bientôt pour la suite des aventures d’Ameyal !

Aztèques : Harem de Eric Costa est un page-turner décoiffant, une aventure hors du commun et du temps des … Aztèques !!!

Pour Ameyal, une adolescente de 16 ans, l’insouciance et la joie de vivre rythment son quotidien.
Alors qu’elle était promise à un avenir tracé avec la perspective de devenir prêtresse et un mariage arrangé, l’horreur s’invite à la place.
Une bande de pillards Aztèques vient d’attaquer son petit village, Ameyal se retrouve embarqué … comme esclave avec quelques survivants.
La vie d’Ameyal a basculé en quelques minutes, son destin est en … route.

Pour situer le contexte géographique du roman, l’histoire démarre dans un petit village nommé Huaxca, hors de l’Empire (Aztèque), près de l’Océan (oriental comme l’héroïne le dira plus tard), plus précisément, dans le plateau central de l’actuel Mexique.
Historiquement, nous sommes à priori entre le 15 et 16ème siècle, du temps de l’empire Aztèque alors à son apogée et dont le chef absolu est Moctezuma.
Bien que l’auteur fasse preuve d’une précision sans faille et d’une rigoureuse représentation respectant l’histoire d’une civilisation, les Aztèques, le roman se focalise surtout sur son personnage principal, Ameyal.
Très rapidement, je me suis laissé transporté … dans le temps, oublié le quotidien d’un jour de novembre 2017 pour faire un bond de 5 siècles en arrière.

A comme Ameyal

La plume est d’une redoutable efficacité, fluide, le contexte historique passe au arrière fond et place à la petite histoire, celle qui va vous bercer tout au long de ces pages qui se sont consumées à une vitesse vertigineuse, tellement le style est prenant, addictif, un véritable page-turner, quelques petites heures …
Le temps de s’habituer aux noms propres et à la culture de l’époque (l’auteur a judicieusement placé un lexique en fin de l’ouvrage), l’action est non-stop, on ne peut que suivre le périple d’Ameyal.
C’est une jeune fille de 16 ans, presque femme, son père est le chef de son village et lui a déjà esquissé de ce qui sera son avenir. C’est sans compter sur les affres du destin.
Le caractère farouchement rebelle d’Ameyal contre l’autorité, son intrépidité, sa fougue, sa soif d’amour et de liberté, difficile de résister à en éprouver une totale … empathie.
Elle pourrait incarner toutes ces héroïnes fictives ou pas qui ont marqué l’Histoire de l’humanité, je me garde de citer des noms, chacun pourra y puiser dans sa culture et dans sa mémoire en suivant les pas du personnage principal, une femme moderne avant l’heure, émancipée, libre dans sa tête à défaut de ses mouvements.

L’histoire est belle et touchante, enivrante et tragique en même temps, des moments de suspension, l’effroi se dispute à l’espoir, les rêves d’une fille qui voulait tout simplement découvrir les joies de la vie, dans l’amour, défiant l’autorité pour se prouver, faire éclore son moi, ce désir de décider par elle-même de ses choix,
un esprit indépendante et communicatif à travers ses yeux verts de jade, elle porte en elle la beauté et l’émoi amoureux propre à toutes ses semblables, Ameyal donne l’image … de la vie.

Elle s’appelle Ameyal.

Sa deuxième vie forcée va la contraindre à puiser dans ses plus profondes ressources morales et physiques, le roman s’attache à décrire tous ses états d’âme, tout s’emballe, tout est chamboulé dans son univers, Ameyal devra faire preuve d’une volonté hors du commun pour survivre, trouver des solutions pour s’en sortir et reconquérir … sa liberté.
Elle est en mode alerte et de survie permanente.
Tout en évitant de spoiler, son nouveau lieu de vie sera le théâtre des plus basses perversités de l’être humain, les trahisons, les complots, les mensonges, les tromperies, la violence traduite par des punitions et des châtiments, rien ne lui sera épargné, j’ai souffert avec elle, j’ai vibré, j’ai éprouvé de la compassion, j’ai hurlé de douleur en même temps qu’elle souffrait dans le mur de sa solitude et de son désespoir sans fin, un gouffre sans fonds, bonjour je m’appelle Ameyal, je suis Ameyal, partager mes peurs et mes angoisses, libérez-moi s’il vous plaît, je ne veux pas rester ici, je veux juste sortir d’ici, pardonnez-moi mais le dieu Serpent a prévu d’autres plans, ce n’est pas possible autrement …

Moi, c’est elle.

En attendant, Ameyal doit subir des lois, doit feinter, prier pour son salut, obéir à des règles, suivre les ordres, souffrir en silence, son salut viendra-t-il ou pas, c’est à elle et seulement de donner un nouveau tournant dans sa vie, elle n’a qu’un mot à dire, donner c’est recevoir, recevoir c’est donner, partager, aider son prochain, la sortie est presque au bout du tunnel, la lumière et la nuit se confondent dans la tête d’Ameyal, ses cauchemars finissent par la rattraper …

L’ambiance et l’atmosphère qui s’en dégagent tout le long du livre est époustouflant de réalisme, aucune impression de lire, visualiser des scènes à travers les yeux, tout est centré sur la protagoniste, les saveurs et les douceurs qu’elle hume, les relents nauséabonds et la crasse qu’elle doit fouler, c’est âcre et immonde souvent, les dures aspérités d’une vie « emprisonnée », c’est enchanteur et suave parfois, Ameyal va vivre une multitude d’émotions et de sentiments contradictoires pendant tout ce temps de captivité, elle est enfermée dans une « prison », elle est esclave de l’extérieur, elle va découvrir un monde nouveau, des traditions d’un autre temps, les sacrifices, les mœurs d’une civilisation, les corvées obligatoires qui seront son lot quotidien à travers des tâches harassantes et épuisantes, l’auteur excelle à faire ressentir tout cela et sans tomber dans la lourdeur stylistique pour forcer l’empathie des opprimés et éviter aussi la surenchère gratuite de scènes gratuites et violentes qui dénatureraient alors le roman.

La communication et la relation qu’elle va devoir entamer avec d’autres, son énergie et sa volonté de vivre vont l’amener à se surpasser, à donner le meilleur d’elle-même, à greffer dans sa tête du plomb pour contredire sa nature et ses velléités, son découragement et sa déprime vont la faire douter plus d’une fois, elle va devoir expérimenter, prendre le mal en patience, prendre ses jambes à son cou, imprimer de nouvelles cartes pour concrétiser ses projets et accomplir son ambition.
Ses souvenirs, son passé lui revient souvent pour lui rappeler combien la vie tient à si peu de choses, le précipice n’est jamais loin, elle va devoir écouter son coeur, discerner les sons, réfréner son impatience, ne pas confondre vitesse et précipitation, la mysticité et le mystère qui enveloppent son nouveau mode de vie va définitivement la convaincre, l’instinct naturel et audacieux vont l’amener à franchir et à gagner de nouveaux galons, c’est le prix à payer et le billet de sortie qui lui tend ses bras, Ameyal sait qu’il lui reste peu de temps pour réaliser et s’accomplir.

Elle c’est moi

Une lecture addictive, j’ai non seulement été happé par le personnage principal mais dopé dans cette aventure, en ce sens, tout y est parfaitement retranscrit, je me suis retrouvé dans les méandres de la tête d’Ameyal, à vouloir suivre la voie qu’elle a dû subir dans un premier temps avant de trouver la conviction qu’il lui fallait tenter quelque chose, renverser le cours de sa vie, donner cette impulsion indispensable sans quoi elle ne n’en sortirait … jamais.

Va-t-elle arriver à infléchir sur les voies tumultueuses de son futur imposé et forcé ?
Pourra-elle faire confiance à ses congénères pour établir un plan de fuite ?

Le roman se situe dans l’Empire Aztèque mais je n’ai pu m’empêcher de penser et faire un parallèle avec certaines « prisons » encore, hélas, en vigueur, aujourd’hui, dans certaines parties du monde, toutes ces femmes qui tentent de s’échapper, de fuir des « maisons » dorées, d’influer sur leur futur « programmé » ou planifié, soumises, violentées, violées, brimées, brisées, forcées, l’incarnation d’Ameyal est comme un miroir auquel se reflète toutes ces personnes, visage caché et couverte, la liberté d’être et de choisir ne sont juste que … des rêves lointains et utopique dans leur tête, une réalité sombre et triste, je me suis identifié à Ameyal dont le degré d’empathie n’a fait que croître jusqu’à la fin de ce roman.

Autant le dire, sans fioriture, j’ai été emballé par Aztèques : Harem de Eric Costa dont je suis vraiment tombé sous le charme de son écriture qui peut paraître plutôt, d’un premier abord, beaucoup centré sur les agissements de son héroïne dans l’action, il y a beaucoup de dialogues et ses actes aventureux nombreux s’enchaînent mais l’urgence et la progression achèvent de donner un charme et une générosité certaine.
De la relation de cause à effet, il n’y a qu’un pas, Ameyal sait que le temps lui est compté, sa destinée en dépend.
Je vous laisse le soin de découvrir ce roman et vous laisser aller et plonger dans un passé vieux de cinq siècles, Aztèques : Harem de Eric Costa.
Bouleversant par instant, émouvant, dramatique et dur souvent, jubilatoire et passionnant, je me suis régalé et passé un très moment en compagnie d’Ameyal.

Je remercie sincèrement l’auteur de m’avoir invité de découvrir son roman.
❤️❤️❤️

C’est une nouvelle pépite de l’auto-édition, je précise que l’auteur a été récompensé par le prix Lauréat jury Amazon Kindle au dernier salon de Paris, en mars dernier.

Interview par Amazon lors de la remise des prix des Plumes Francophones 2017

Lorsque Ainara Bastard, présidente Amazon KDP France, m’a proposé de faire une interview pendant le cocktail de la remise des prix des Plumes francophones présidées par Yasmina Kahdra, j’ai tout de suite accepté.

Ainara m’a très bien accueilli au Salon du Livre de Paris 2017, et nous sommes restés en contact depuis lors. Je tiens à la remercier une nouvelle fois de me permettre de faire connaître mon travail avec le soutien d’Amazon.

Lorsque l’on se retrouve pour la première fois devant une équipe professionnelle de tournage, le stress monte un peu (et je dois dire que j’ai englouti quelques coupes de champagne avant que mon tour n’arrive !)

Enfin, je pense que ça ne s’est pas trop mal passé. La prochaine fois que je travaillerai dans les bureaux d’Amazon, ce sera pour vous parler du Speed-Dating, le tremplin offert par Amazon KDP aux jeunes auteurs francophones durant le Salon du Livre de Paris, dont j’ai eu l’honneur d’être lauréat en compagnie de Charlotte Munich.
Mais ça, c’est une autre histoire (et je ne vous ai rien dit !)

Voici donc les questions qui m’ont été posées lors de cette courte vidéo :

— Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ?
— Comment vous organisez-vous ?
— L’autoédition a-t-elle changé votre vie ?

Mais assez parlé, je vous laisse la découvrir !

 

 

N’hésitez pas à likez, je me sentirai moins seul ! Et à commenter pour répondre vous aussi à ces trois questions, et même partager si vous pensez que cette vidéo peut-ête inspirante pour certaines ou certains !

Aztèques : interview par Alice Quinn

La première fois où j’ai assisté à un atelier d’écriture, une chose m’a beaucoup surpris et beaucoup plu.

Nous avons commencé par imaginer un personnage, puis un autre, puis un conflit. Ensuite, nous avons écrit une scène. Et enfin… Anael nous a demandé de lire nos textes.

Je crois que mon visage a viré au rouge. Comment ? Lire une scène à peine pensée ? A peine écrite ?
Et puis l’un de nous a lu son texte (ou plutôt l’une d’entre nous, vu que j’étais le seul mec !). A travers sa voix, son intonation, j’ai été surpris de découvrir cette personne mise à nue, en quelque sorte.

Elle nous parlait avec son cœur.

Une grande tendresse, une grande sensibilité, je dirais même fragilité accompagnait chacune de ses phrases, chacun de ses mots.
J’ai été très touché. Émerveillé. Enfin, je découvrais un espace où l’authenticité était de mise. Où l’on pouvait se livrer dans toute notre nudité, dans toute notre vérité.

Plus tard, j’ai compris que l’authenticité était sans doute la qualité principale d’un écrivain, car c’est ce qui le rend unique. C’est en se dévoilant dans toute sa vérité qu’il plaira ou non.
Et c’est pour cela qu’il est le seul à pouvoir écrire ses livres, et que ces derniers seront toujours originaux, même si le sujet a déjà été maintes et maintes fois abordé.

Lorsqu’Alice m’a proposé une interview au sujet d’Aztèques, j’ai presque sauté au plafond. J’ai rencontré Alice au salon du livre de Paris, et ça a été une très belle rencontre. Je me suis livré à elle sans détour, en toute simplicité.
Aujourd’hui, je me sens capable de partager cette vidéo avec vous. Vous y découvrirez les coulisses d’Aztèques, ainsi que mon travail préparatoire sur la structure et la thématique.

Merci Alice de me donner l’occasion de présenter mon travail sur Aztèques !

 

Merci de nous avoir accordé votre temps.
Si cette vidéo vous a plu, likez-la. Partagez-la si vous le jugez utile.
Commentez, réagissez, posez-moi des questions ou dites-moi le premier truc qui vous passe par la tête !

Festival Virtuel de la Nouvelle : Malgré tout, je vous aime

Quand Patricia Michel Ricordel propose à Anael Verdier de parrainer son Festival Virtuel de la Nouvelle, il dit oui.

Quand il me propose de participer en tant qu’auteur, je dis oui aussi. Et j’ai eu tout juste quelques jours pour écrire « Malgré tout, je vous aime« , qui doit faire 7000 signes et pas plus !

Qu’est-ce que le Festival Virtuel de la Nouvelle ?
Il s’agit d’un festival créé par Patricia Michel Ricordel, destiné à faire découvrir des histoires courtes écrites par des auteurs de genres différents.
Le festival en est à sa seconde édition.
Une seul consigne : 7000 signes (vous allez voir plus loin pourquoi j’insiste !).

Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, la nouvelle que je devais présenter initialement s’intitulait Les hommes froids. Le problème, c’est qu’elle faisait 21000 caractères ! Elle a donc été refusée par le comité de lecture et j’ai dû en rédiger une autre.

Qu’à cela ne tienne : j’ai repris mon ordi, je me suis rassis à mon bureau et une nouvelle idée m’est venue. Vous allez pouvoir découvrir cette histoire dès à présent :

 

Je traversais la salle immense et vide, et pris place autour du bureau rond, déposant mon pardessus huileux sur le dossier de mon fauteuil et essuyant mes mains sales sur mon costume.

J’étais le dernier, et j’avais bien failli arriver trop tard.

Liu Jieyi, Matthiew Rycroft, Piotr Ilitchov étaient déjà présents. Le visage sombre, de gros cernes sous les yeux, tous trois se tenaient immobiles et silencieux, le regard rivé vers le fauteuil garni de boutons, au centre du cercle, dans l’attente de sa venue. Le grand écran de contrôle qui nous surplombait affichait les images de la 5ème Avenue déserte, plongée dans l’obscurité, et de l’Empire State Building battu par la pluie. Les lumières du plafond clignotaient par intermittence, menaçant de s’éteindre.

C’est alors qu’il entra. Personne ne se leva, personne n’applaudit. Ses cheveux salis par la pluie collaient à son front, et des traces sinistres maculaient son visage comme des larmes de honte. Il s’assit et balaya le conseil d’un air las. En l’observant, je me dis que nous étions allés trop loin.

Pourtant, lorsque Nikky Haley sortit de sa poche une petite sphère bleue translucide, tous les yeux s’agrandirent et je me dis qu’il y avait peut-être encore un espoir. Il pressa un bouton, un déclic retentit et la sphère s’ouvrit en deux, dévoilant le message dont notre avenir dépendait.

Je cessai de respirer.

Il essuya ses lunettes dans sa chemise froissée, s’éclaircit la gorge et lut :

« Chers enfants,

Je vous ai aimés. Je vous ai portés. Je vous ai faits boire à mon sein, je vous ai nourris.

Je vous ai écoutés lorsque vous parliez, chuchotiez ou hurliez. J’ai accueillis vos soupirs, vos joies et vos frissons. Je me suis faite l’écho de vos cris, espérant en vain que vous me comprissiez. Vous vous êtes blottis contre moi et je vous ai bercés lorsque vous sanglotiez.

Je vous ai lavés, habillés, je vous ai tendu la main lorsque vous étiez perdus, je vous ai écouté, toujours, en tout temps et en tout lieu, qu’il fasse jour, nuit, que le soleil brûle ma peau ou que le froid la glace.

Je vous ai donné tout ce qu’une mère peut donner ; énergie, attention, tendresse, jeunesse et beauté.

Mes veillées furent si longues que mes cheveux sont tombés. Pour vous, je les ai fait repousser. Je les ai parés de fleurs et de parfums d’hiver, d’été, de printemps et d’automne. Je vous ai emmenés, chers enfants, à l’ombre des branches, où les chants d’oiseaux caressaient vos petits cœurs, où une brise tendre soufflait à vos oreilles.

Je vous ai montré l’azur du ciel, le miroitement de la mer sous la lune, le scintillement des étoiles sur le drap de la nuit. Je vous ai baignés sous des cascades sublimes, dans des océans puissants, et vous avez ri dans leurs vagues chargées d’écume. Je vous ai enveloppés dans la fraîcheur des sous-bois aux odeurs d’humus, je vous ai plongés dans la fraîcheur des lacs de montagne et réchauffés dans la chaleur sèche des mottes de foin d’été. Je vous ai offert les turquoises de la mer de Chine, les ocres des déserts, le blanc miroitant de l’Antarctique, le pourpre et l’or, le violet de l’aube et le rose pâle du soir, toutes les nuances des plantes, des fleurs et des fruits.

Et vous, chers enfants, après avoir joui de l’ombre des arbres, vous les avez abattus. Vous avez cultivé leurs fruits le long d’allées mornes et désertes, où vos épandages sont venus, tels des anges de la mort, étouffer les derniers souffles de vie. Pardonnez-moi, ma main tremble et j’espère que vous parvenez encore à me lire. Vous avez rendu ces fruits bons pour les yeux et mauvais pour le reste, et surtout pour vous-même. Ces lacs qui vous enveloppaient, vous les avez asséchés. Vous avez déplacé les fleuves de leur lit. Vous avez dépensé l’eau au cœur de déserts hérissés de maisons de jeux, cependant que vos pairs mouraient de soif plus loin vers le sud. »

Haley releva la tête un instant, les yeux rougis, humides, avant de replonger dans sa lecture :

« Vous avez sali. Vous avez sali les draps qui vous protégeaient et réchauffaient. Vous avez souillé, de vos chaussures pleines de boue, les dalles de pierre de mon entrée, le tapis de mon salon, le parquet de ma cuisine. Des ressources intérieures, amassées sur des milliers d’années, vous avez fait des sac plastiques qui ont étouffé les oiseaux avant de les remplacer, dans le ciel, comme des ombres et des fantômes.

Vous avez tué. Pardonnez-moi, je tremble, pardonnez-moi, ma peau brûlée s’assèche et se déchire, glacée d’un côté, je transpire de l’autre, tous vos produits, vos avions et vos usines, vos gaz d’échappement, ont achevé l’atmosphère qui nous protégeaient tous. Et je meurs, mes enfants, je meurs.

Je meurs comme le Tigre de Tasmanie, le Paresseux de Porto Rico, l’Éléphant de Chine, le Rhinocéros noir d’Afrique de l’ouest, le Loup d’Hokkaido, le Lion du Cap, la Tortue des Seychelles et j’en passe, il n’y a pas assez de lettres pour nommer tous ces animaux, insectes et plantes qui de votre fait ne sont plus, et ne seront plus jamais, il n’y a pas assez de mots pour les honorer, ces espèces millénaires que vous avez massacrées en quelques secondes.

Et votre mère malade, désormais tellement malade, chers enfants, que toute votre volonté ne peut l’aider, est sur le point de rendre son dernier souffle. Une maladie trop avancée ne peut être enrayée. Vos recherches, vos pactes climatiques, vos tentatives individuelles ou collectives, les guerres que vous menez pour votre profit personnel de court terme, vous, pollueurs d’un côté, écologistes de l’autre, hypocrites des deux, sont sur le point de se terminer.

Il est tard, chers enfants, il est très tard, trop tard, mais avant de disparaître, je voudrais que vous sachiez une chose.

Une seule.

Malgré tout, je vous aime.

Votre mère. »

Je ne pus décrocher le regard de Haley, qui reposa le message et nous observa d’un air grave. Je balayai la salle des yeux et réalisai que les autres membres étaient arrivés. Le premier ministre du Royaume-Uni avait pris place à ma droite, les présidents de la Chine et de la Russie, accompagnés de leurs épouses, à ma gauche, aux côtés de plusieurs grands industriels et financiers. Tous les membres du conseil de sécurité me firent penser à des enfants perdus. L’écran de contrôle, assailli de vagues noires et létales, semblait plongé dans le chaos.

Lorsque Haley pressa un bouton de son fauteuil, les lumières grésillèrent et s’éteignirent d’un coup. Le tonnerre gronda, faisant trembler nos corps et nos âmes. Le siège des Nations-Unies vacilla sur ses fondations.

Je suivis des yeux l’écran de contrôle. Manhattan rapetissait à vu d’œil.

Puis L’État de New-York.

Puis les États-Unis.

Peu importait les tigres, les tortues ou autres éléphants, maintenant que les 142 familles les plus riches et les plus influentes avaient embarqué à nos côtés sur l’USS United Nations.

Une fois de plus, l’homme prouverait qu’il sait trouver de nouvelles ressources et de nouvelles terres.

FIN

 

N’hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous avez aimé, et si cette histoire vous a fait quelque chose.

Je remercie Patricia et Anaël d’avoir eu l’idée de créer un recueil de nouvelles en septembre qui regroupera les huit auteurs participant au festival, et qui présentera des nouvelles inédites de longueur libre avec comme thème imposé : « Les hommes froids » (rires).

Pour découvrir mes autres nouvelles déjà écrites et publiées dans le recueil étrange et fantastique Réalités Invisibles, cliquez sur la couverture ci-après 😉

Et pour en savoir plus et découvrir les auteurs ayant participé au festival créé par Patricia, cliquez ci-après : http://festivaldelanouvelle.com/

Enquête sur la franc maçonnerie (6)

Dans le cadre de l’Académie d’écriture Anaël Verdier, il nous faut cette année écrire un recueil de nouvelles sous forme d’une série de quatre épisodes par saison.

Dans le cadre de mes recherches sur les sociétés secrètes, voici la suite de mon enquête sur la franc-maçonnerie.

franc maçon 1

— Partie 6 : organisation des obédiences

Les obédiences maçonniques tissent entre elles des réseaux de relations mutuelles complexes, mais qu’on peut schématiquement regrouper en cinq types :
1. Obédiences régulières du groupe principal (mainstream) :
L’essentiel des francs-maçons du monde appartiennent aux obédiences de ce groupe.
Il est constitué par:
—    L’obédience la plus importante de chaque nation du Commonwealth et de chaque État des États-Unis et de chaque province du Canada.
—    Une obédience (pas nécessairement la plus importante) de chacun des pays où la franc-maçonnerie est représentée.
Les obédiences de ce groupe de reconnaissance mutuelle se disent toutes régulières. Inversement, elles déclarent parfois irrégulières toutes les obédiences qui n’appartiennent pas à leur groupe, sans prendre en considération la nature de leurs pratiques maçonniques. Les obédiences ainsi déclarées irrégulières uniquement à cause de leur non-appartenance au groupe principal partagent rarement ce point de vue.

Contrairement à une idée fausse assez largement répandue, il n’existe pas d’organisation centrale qui aurait autorité sur l’ensemble de la Franc-maçonnerie de ce groupe. Les Grandes Loges qui le composent, qui sont un peu plus d’une centaine, sont indépendantes, autonomes et souveraines. Chacune d’entre elles présente un caractère original, avec des particularités d’usages qui reflètent dans une certaine mesure la mentalité ambiante et les traditions locales. Mais toutes sont reliées entre elles par un consensus quant aux principes, usages, landmarks et règles qui constituent l’indispensable base de la régularité maçonnique.

Même la Grande Loge unie d’Angleterre, qui est la plus ancienne et la plus importante, avec ses quelque 600 000 membres, n’a pas d’autre action directe sur le plan international que celle d’accorder, refuser ou retirer sa « reconnaissance ». Mais le soin scrupuleux qu’elle met à respecter et à faire respecter les principes qu’elle a été la première à codifier, donne à ses décisions en ce domaine un poids et un prestige particuliers.

2. Autres obédiences régulières :
La règle qui fixe en principe à une seule obédience par pays ou État le nombre des obédiences pouvant appartenir au groupe principal a pour conséquence l’existence dans certains pays d’obédiences qui, tout en respectant les mêmes landmarks que les obédiences du groupe principal, ne sont pas reconnues par lui.
Le cas des obédiences noires américaines (dites de Prince Hall) est à cet égard exemplaire. Elles ne pouvaient évidemment pas être reconnues par le groupe principal à l’époque où les États-Unis pratiquaient la ségrégation raciale et leur reconnaissance progressive depuis le début des années 1990 par les Grandes Loges blanches américaines (dites caucasiennes) n’est pas sans poser un problème au regard de la règle d’exclusivité territoriale.

D’autres cas souvent mentionnés existent en France où coexistent plusieurs obédiences qui respectent les mêmes critères de régularité que les obédiences du groupe principal (plusieurs d’entre elles étant issues de scissions de l’obédience reconnue par le groupe principal), mais qui ne peuvent pas être reconnues par lui du fait de la règle d’exclusivité territoriale, ou à cause d’autres différends avec l’obédience reconnue par le groupe principal.
Il peut enfin exister des obédiences qui pratiquent tous les critères de régularité, mais qui ne souhaitent pas appartenir au groupe principal, par exemple parce qu’elles refusent de reconnaître les obédiences de ce groupe qui pratiquent la ségrégation raciale (aux États-Unis) ou religieuse (en Scandinavie). En Europe, onze de ces obédiences se reconnaissent entre elles au sein d’un groupe international d’obédiences dénommé Confédération des grandes loges unies d’Europe.

3. Autres obédiences traditionnelles :
On trouve aussi à travers le monde un certain nombre d’obédiences que l’on peut qualifier de traditionnelles mais non régulières. C’est en particulier le cas de toutes celles qui respectent tous les landmarks et critères de régularité, à l’exception de l’ancienne règle d’interdiction de la mixité, qu’elles considèrent comme une forme de ségrégation et qu’elle jugent dépassée.

4. Obédiences libérales :
On classe en général sous le nom d’obédiences « libérales » les obédiences qui ne se considèrent pas comme liées par les anciennes règles ou landmarks. C’est le cas en particulier de celles qui prônent une « absolue liberté de conscience ».
Globalement, il s’agit des obédiences ne ressortissant pas à la GLUA ou à une maçonnerie qui imposerait la croyance en un être supérieur dépourvu de la liberté d’interprétation qui s’y attache en qualité de symbole ; il convient de noter que depuis 1989 la GLUA n’impose plus la croyance en un Dieu révélé (proche de celui auquel se réfère l’Église).
Un assez grand nombre de ces obédiences se reconnaissent entre elles au sein d’un groupe international d’obédiences dénommé CLIPSAS.

5. Loges indépendantes, « sauvages » , « indépendantes » ou « clandestines » :
Il existe enfin un peu partout à travers le monde des loges qui ne souhaitent pas se fédérer au sein d’une obédience et qui conservent jalousement leur indépendance. Certaines d’entre elles sont anciennes et traditionnelles, d’autres peuvent être tout à fait récentes et avoir des pratiques si peu communes que les autres obédiences ne les considèrent plus comme étant maçonniques, ni dans le sens « régulier » du terme, ni même dans son acception « libérale ».

Il convient toutefois de distinguer une loge dite « sauvage » en ce qu’elle n’est reconnue par aucune obédience ou puissance maçonnique, d’une loge dite « indépendante » car reconnue par au moins une obédience ou puissance maçonnique tout en ne lui appartenant pas stricto sensu. Souvent dans un pays, une future obédience s’implante en créant d’abord une loge dite « pionnière » lui appartenant si elle est déjà internationale (GLUA / DH), ou une loge dite « indépendante » (et donc pas sauvage) si l’obédience qui la soutient n’a qu’une vocation « nationale », ce qui ne l’empêche pas d’apporter ce soutien à un « projet maçonnique constituant un apport au paysage maçonnique » de tel pays.

Une loge peut aussi être isolée, non soutenue, et clandestine, à savoir choisir de travailler dans la plus absolue discrétion, pour des raisons notamment de sécurité (pays où la liberté d’association est refusée – dictature).

fm7

(source wikipédia)

Enquête sur la franc maçonnerie (5)

Dans le cadre de mes recherches sur les sociétés secrètes, voici la suite de mon enquête sur la franc-maçonnerie.

franc maçon 1

— Partie 5 : la vie maçonnique

La vie maçonnique se déroule de septembre à juin7, en règle générale, avec ci et là des exceptions outre le principe de fêtes d’été où les membres ont ainsi l’occasion de se retrouver.

— Les grades maçonniques :   

La hiérarchie des francs maçons est de type initiatique. Elle inclut les grades d’avancement et les grades de perfectionnement.

La progression de l’initié s’accomplit en fonction des travaux maçonniques qu’il accomplit au sein de cette communauté et du jugement que ses pairs portent sur lui.

— Les fonctions: officiers de la loge :
Une loge est présidée par un Vénérable Maître (élu) qui dirige les travaux, secondé par un Collège d’Officiers. Certains Offices ne peuvent être remplis que par un Maître. Le nombre et la qualité des offices diffèrent selon les rites ; cependant on trouve toujours le « premier surveillant », qui a la charge de l’instruction des compagnons, et le « second surveillant », qui a celle des apprentis.

— Désignation des responsables :
Dans certaines loges, tout membre affilié depuis au moins six mois participe chaque année à l’élection des officiers et du vénérable maître, qui ne peut habituellement exercer son mandat au-delà de trois ans. Dans la majorité des loges cependant, les apprentis et les compagnons ne votent pas. Le droit de vote dépend également le plus souvent d’une assiduité suffisante pendant l’année.

— Tenue :
Une tenue de loge désigne une réunion rituelle qui en théorie, ne peut être ouverte qu’avec au moins sept membres. Certaines obédiences exigent dans ce cas qu’ils possèdent tous le grade de maître.

fm6

Les tenues dites d’« obligation » ont lieu au maximum deux fois par mois et en principe le soir, elles durent environ trois heures. Les loges peuvent recevoir dans leur tenue des membres d’autres loges (visiteurs et visiteuses) de leur obédience mais également d’autres obédiences, si les deux obédiences sont convenues de conventions de reconnaissance mutuelle.

La loge peut aussi tenir des tenues « blanche » qui sont le plus souvent des conférences et qui peuvent être « ouvertes », ou le conférencier est un franc-maçon et l’auditoire ouvert également au « non franc-maçon (profane) » mais aussi « fermée » ou le conférencier est dit : « profane » et l’auditoire exclusivement composé de franc-maçons.

Il existe aussi des tenues particulières comme les tenues funèbres en cas de décès d’un membre de la loge et des tenues de banquet pour les fêtes solsticiales de la Saint Jean d’hiver et d’été. L’ensemble du déroulement de la tenue, comme des spéculations qui y sont menées, sont toujours codifiées selon le rituel propre à chaque rite.

Et vous ? Avez-vous des choses à ajouter sur la Franc-Maçonnerie ? N’hésitez-pas à commenter cet article pour nous faire part de la façon dont vous voyez cette organisation secrète.

Enquête sur la franc maçonnerie (3)

Au programme de l’Académie d’écriture Anaël Verdier, il nous faut cette année écrire un recueil de nouvelles sous forme d’une série de quatre épisodes par saison.

Dans le cadre de mes recherches sur les sociétés secrètes, voici la suite de mon enquête sur la franc-maçonnerie.

franc maçon 1

— Partie 3 : Les hauts grades maçonniques

En franc-maçonnerie, les trois premiers degrés maçonniques constituent les grades fondamentaux. La franc-maçonnerie des trois premiers grades est dite « symbolique » ou « bleue ». À ces trois grades fondamentaux se sont ajoutés au fil du temps différents systèmes de hauts grades maçonniques facultatifs, pratiqués dans des ateliers de perfectionnement.

— Rappel historique :
À l’origine, la franc-maçonnerie ne comptait que deux grades : celui d’Apprenti et celui de Compagnon. Celui de Maître Maçon est apparu plus tardivement, vers 1725, à Londres.

À partir des années 1730, différents auteurs, pour la plupart en France et en Angleterre, écrivirent des rituels pour de nombreux grades additionnels censés continuer et enrichir la mythologie des trois premiers. Les historiens en dénombrent plus d’une centaine dans les années 1760, mais il faut relativiser ce nombre dans la mesure où beaucoup d’entre eux ne sont que des variantes les uns des autres ou furent rarement pratiqués.

Tous ces grades peuvent se regrouper en un nombre plus restreint de thèmes. C’est ainsi que se construisirent, à la suite de la légende d’Hiram, différentes séries de grades (grades de vengeance, grades chevaleresques, etc.) en un tout progressif et cohérent, et les principaux rites maçonniques à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Le plus pratiqué d’entre eux à travers le monde est le Rite écossais ancien et accepté qui emprunte à trois sources mythiques essentielles : l’ésotérisme chrétien, le compagnonnage et la chevalerie.

Par la suite, de nouveaux « hauts-grades », parfois structurés en « rites » indépendants, parfois intégrés dans des rites existants, ont continué à être rédigés, mais à un rythme beaucoup moins soutenu. C’est le cas par exemple du George Washington Degree écrit aux États-Unis à la fin du XXe siècle, ou du Rite opératif de Salomon fondé en France dans les années 1970.

fm4
Les loges qui pratiquent les « hauts grades » sont distinctes des loges des trois premiers degrés. Elles ont différents noms variables selon les grades qu’elles confèrent, mais sont aussi désignées sous le terme générique « d’ateliers supérieurs » ou « ateliers de perfectionnement ». En règle générale, ces loges sont regroupées dans des ensembles distincts des obédiences (grandes loges ou grands orients) qui fédèrent les loges des trois premiers degrés.

Enquête sur la franc maçonnerie (2)

Au programme de l’Académie d’écriture Anaël Verdier, il nous faut cette année écrire un recueil de nouvelles sous forme d’une série de quatre épisodes par saison.

Dans le cadre de mes recherches sur les sociétés secrètes, voici la suite de mon enquête sur la franc-maçonnerie.

 

franc maçon 1

— Partie 2 : le secret maçonnique

Qu’entend-on exactement par secret maçonnique ? Réponse en 5 points.

1. Le secret maçonnique dans le rite des anciens devoirs :
On appelle Rite des Anciens Devoirs la cérémonie de réception d’un nouveau membre dans la corporation des maçons en Angleterre et en Écosse selon les usages du Moyen Âge et de la Renaissance.

Cette cérémonie de réception comprenait trois moments successifs :
— Le nouveau membre posait la main sur le livre des Devoirs du métier, pendant qu’on lui donnait lecture des préceptes qu’il contient.
— Une brève exhortation solennelle suivait, exigeant du postulant le respect de ces règles.
— Un avertissement était enfin donné, exposant au postulant qu’il commettrait une grave faute, devant Dieu, s’il manquait à sa parole de respecter ces devoirs.

2. Le secret maçonnique dans le rite du Mot de maçon (vers 1630) :
Ce rite apparaît plus tard que le Rite des Anciens Devoirs. Par contre, le serment se faisait sur la Bible. Les plus vieux documents le concernant mentionnent un rituel qui consiste à recevoir en loge un nouveau membre en lui donnant une poignée de main pendant qu’on lui communiquait oralement le nom des deux colonnes du Temple de Salomon en référence au passage biblique de l’Épitre de Paul aux Galates rappelant l’échange des poignées de la main droite (main de vérité) entre Jacques, Pierre et Jean d’une part, et Paul de Tarse de l’autre.

Il met en place pour la première fois une transmission de signes, mots secrets et une poignée de main secrets.

3. Le secret traditionnel concernant les signes, mots et poignées de mains :
Le secret traditionnel concerne principalement les signes, mots et poignées de mains (signs, grips and words) qui sont spécifiques à la franc-maçonnerie. Il ne saurait concerner la totalité du symbolisme maçonnique, qui est souvent d’origine biblique et qui est largement connu du public.

fm3

4. Le secret d’appartenance :
Le secret d’appartenance concerne le Frère. Un maçon est libre de révéler son appartenance (Xavier Bertrand l’a fait alors qu’il était ministre du travail). Par contre, un frère ne doit en aucun cas révéler l’appartenance d’un autre frère.

5.Le « secret par nature » :
Sans doute doit-on entendre par « secret par nature » l’incommunicabilité totale du secret de l’initiation qui doit être vécue. Seul ce vécu, cette expérience « intime », est « le » secret de l’initiation.

— Les divulgations :
Le secret maçonnique a été abondamment divulgué au public dès les origines de la franc-maçonnerie. On peut trouver différents documents qui l’attestent.
Cependant, bien qu’une grande partie des signes « secrets » de la franc-maçonnerie aient été révélés depuis ses origines, les francs-maçons ont toujours continué, dans tous les rites et loges du monde, de s’engager à conserver leurs secrets. L’un des « secrets » de la pratique maçonnique résiderait ainsi dans l’attitude même de continuer à les respecter.

— Controverses :
L’apparition des hauts grades maçonniques, à partir des années 1740, a relancé les controverses autour du secret maçonnique. On a vu en particulier apparaître à la fin du XIXe siècle la thèse, soutenue à la fois par certains francs-maçons et par certains anti-maçons, selon laquelle le véritable secret maçonnique ne serait pas celui exposé dans les diverses divulgations ou autres rapports de police et resterait ignoré de la plupart des francs-maçons eux-mêmes.

fm4

Selon cette thèse, invérifiable par nature et très en vogue parmi les théories du complot, seuls les membres des plus hauts grades le connaîtraient.

(source wikipedia)

Enquête sur la franc maçonnerie (1)

Au programme de l’Académie d’écriture Anaël Verdier, il nous faut cette année écrire un recueil de nouvelles sous forme d’une série de quatre épisodes par saison.

Dans le cadre de mes recherches sur les sociétés secrètes, voici une enquête sur la franc-maçonnerie.

Franc maçonnerie

Franc maçonnerie

— Qu’est-ce que la franc maçonnerie ?

Le mot franc-maçonnerie désigne un ensemble de phénomènes historiques et sociaux très divers formant un espace de sociabilité qui recrute ses membres par cooptation et pratique des rites initiatiques faisant référence à un secret maçonnique et à l’art de bâtir.

Voici quelques définitions pour mieux comprendre :

— sociabilité : capacité d’un individu ou d’un groupe d’individus à évoluer en société, et à pénétrer au sein de nouveaux réseaux sociaux.

— cooptation, du latin coopatio, ou recrutement participatif : mode de recrutement consistant, pour une assemblée, à désigner elle-même ses membres.

— rite initiatique : celui qui reçoit l’initiation (du latin : initiatio, initiare, initium, commencement, entrée, introduction à la communauté spirituelle) est admis aux activités particulières d’une société, d’une association.
Le terme désigne aussi, de nos jours, toute procédure, action, passage, épreuve, qui transforme le statut d’une personne, social ou spirituel.
Depuis les mystères d’Isis en Égypte, ceux de Déméter à Éleusis en Grèce, jusqu’à la Franc-maçonnerie ou la Rose-Croix de nos jours, de nombreux bassins culturels ont mis en place des rites d’initiation.

franc maçon 2
— secret maçonnique : le thème du secret est l’un des éléments essentiels de l’initiation maçonnique.
S’il existait très probablement, à l’époque des corporations de maçons, des secrets de métier que les professionnels s’attachaient à conserver, la franc-maçonnerie, devenue speculative en Angleterre en 1717 (c’est-à-dire philosophique en français), a toujours exigé de ses membres un engagement de garder secrets ses : signs, words and grips (signes, paroles et poignées de mains).
Bien que ces secrets aient été parfois en partie publiés et divulgués par des indiscrétions au public, en Angleterre comme en France, dès les années 1730, les francs-maçons ont toujours continué à les respecter et à s’interdire de les communiquer en dehors de leurs loges.
Progressivement, ce thème du secret a continué à se développer, et on distingue aujourd’hui différents aspects historiques, initiatiques, philosophiques et pratiques du secret maçonnique.
Nous verrons dans un prochain billet ce qu’on entend exactement par secret maçonnique.