Ce que j’écris quand je me lâche…

Septembre 2013. Académie d’écriture Anaël Verdier, 1er week-end de l’année.

Denis nous fait un cours sur l’identité d’auteur. Le but ? Savoir ce qu’on vient chercher dans l’écriture. Savoir ce qu’on a à donner.

Après une demi journée d’exercices où il nous fait écrire de tout, où il s’arrange pour qu’on se lâche totalement, il nous amène là où il veut : l’écriture sans aucune peur de jugement, qu’il s’agisse de soi ou des autres.

Il nous fait donc écrire un texte à ce moment là, et surprise ! Il faut le lire devant la promo !

Un texte où l’on se lâche autant, merde !

Et bien voici le mien :

6h du matin en plein hiver. Il fait encore nuit, mais la ville s’éveille peu à peu. Nino revient des quais de Paludate, une fille sous le bras . La vingtaine, lèvres pulpeuses, gros nichons, taches de rousseur, robes tachetée de vin rouge qui remonte le long de ses cuisses infinies. Bouche pulpeuse, yeux verts. Un air de salope sans la vulgarité. Sexy et excitante. Parfaite, se dit Nino.
Il arrive devant le marché des Capus.
— Tu vas voir y servent des huitres ! Dit-il a Isa qui frissonne.
Certains marchands sortent les marchandises de leur camion. Ils s’apostrophent et des gerbes de vapeur d’eau sortent de leurs bouches. Un peu de lumière. Nino rentre dans le marché avec sa becasse sous le bras. A sa gauche, un bar ouvre et déballe des couverts sur des tables. Sur le comptoir, des bourriches dhuitres.
— On peut manger ? Demande Nino.
— Dans cinq minutes, répond un gars sans même le regarder.
Odeur de café. Raclements de table. Nino s’impatiente. Il voudrait s’assoir. C’est alors qu’il sent le haut du string d’Isa sous sa main, et ça lui donne une érection. C’est alors qu’il remarque un recoin sombre, pas encore éclairé. Le sol sale, une cagette de bois dans laquelle est posé un carton verticalement. Derrière, le store metallique couvert de peinture gris bleu écaillée.
Nino jette un coup d’oeil vers le bar. Personne ne fait attention à lui. Il entraine sa bécasse dans le recoin, la chauffe.
— Non pas ici.
Nino a appris que les femmes disent parfois non alors qu’elles pensent oui. Il la chauffe grave. Elle est toute mouillée. Des bruits proviennent de derrière. C’est excitant. Le rideau métallique peut s’ouvrir à tout instant et les montrer aux public de noctambules qui se retrouvent là également. Comme sur une scène de théâtre. Nino se baisse et lui lèche les fesses. Puis la chatte. Elle est folle et commence a miauler. Il se lève et la pénètre. Il la burine, il la tambourine. Il adore ses légers gemissements, il adore sa peau blanche qui frémit devant le sol sale et sombre.
Nino éjacule. Il n’a plus de jambe. Isa non plus, semble-t-il. Il ne sait pas si elle a joui. Sans doute pas, se dit Nino. Une première fois et en plus avec un mec bourré. C’est pas grave je me rattraperai plus tard. Il se retourne et remonte son pantalon. Soudain, il sursaute en apercevant un mec juste derriere lui.
— Je savais pas qu’on servait de la moule par ici !

Le marché des Capucins (les Capus), Bordeaux
Le marché des Capucins (les Capus), Bordeaux

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