Secrets de tournage : Mud, sur les rives du Mississipi

 

Vous aimez l’univers de Tom Sawyer et du Mississipi ? Ce film est pour vous : c’est lui qui a révélé un Matthew McConaughey à Christopher Nolan pour Interstellar.

Syno : Ellis et Neckbone, 14 ans, découvrent lors d’une de leurs escapades quotidiennes, un homme réfugié sur une île au milieu du Mississipi. C’est Mud : un serpent tatoué sur le bras, un flingue et une chemise porte-bonheur. Mud, c’est aussi un homme qui croit en l’amour, une croyance à laquelle Ellis a désespérément besoin de se raccrocher pour tenter d’oublier les tensions quotidiennes entre ses parents. Très vite, Mud met les deux adolescents à contribution pour réparer un bateau qui lui permettra de quitter l’île. Difficile cependant pour les garçons de déceler le vrai du faux dans les paroles de Mud. A-t-il vraiment tué un homme, est-il poursuivi par la juce, par des chasseurs de primes ? Et qui est donc cette fille mystérieuse qui vient de débarquer dans leur petite ville de l’Arkansas ?

« Idée de longue date : Jeff Nichols confie avoir eu l’idée de Mud avant même d’avoir celle de ses deux précédents films : « Tout a commencé alors que j’étais à l’université. À la bibliothèque de Little Rock, je suis tombé sur un livre de photos en noir et blanc de personnes vivant au bord du fleuve Mississippi – il y avait des pêcheurs de moules, des maisons flottantes… Je me suis dit que c’était un monde intéressant à filmer », révèle le cinéaste.

Histoires parallèles : le scénario de Mud est constitué d’histoires parallèles dont la clé de voûte est le personnage du jeune Ellis. Le chassé-croisé de ces histoires tourne autour des thèmes de l’amour et de sa mythologie, du rite initiatique à travers la déception amoureuse et de la figure du mentor qui revient de manière récurrente entre les personnage de Mud (Matthew McConaughey), Senior (Ray McKinnon), Tom (Sam Shepard) et même de Galen (Michael Shannon).

Mythologie du Mississippi : Mud emprunte beaucoup à la mythologie du fameux fleuve inspirée par Mark Twain et ses romans initiatiques Les Aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn : « J’ai d’ailleurs volé certains détails à Mark Twain », avoue Jeff Nichols, en poursuivant : « Par exemple, la croix dans l’empreinte des talons des bottes de Mud. C’est de cette manière que Tom et Huck savent que le père de Huck est dans les parages. C’est toujours un moment effrayant dans le livre car le père est alcoolique et imprévisible. Mais en dehors de Twain, les hommes descendent ce fleuve depuis des siècles et transportent avec eux leur culture et leurs histoires. J’ai donc voulu (…) m’inscrire dans ce mythe. J’ai d’ailleurs moi-même fait l’expérience du fleuve en préparant le film. J’ai découvert qu’un cousin éloigné possédait une maison flottante. J’y suis resté une dizaine de jours. On y est entouré d’animaux, d’aigles, de serpents. L’aventure est partout ».

Gentil menteur : lorsqu’il évoque Mud, joué par Matthew McConaughey, Jeff Nichols revient sur la mythologie qui entoure ce personnage : « On ne sait jamais si ce que dit Mud est vrai ou non. Juniper [Reese Witherspoon] et Tom [Sam Shepard] parlent de lui comme d’un menteur mais il n’y a pas la moindre malice en lui. Je me souviens d’un type qui travaillait dans la boutique de meubles de mon père. Il était très gentil mais il mentait tout le temps. Mon frère avait dit à propos de lui ce que Jupiner dit de Mud : « Les gens l’aiment parce que c’est un menteur qui les flatte ». »

Fleuve et mouvements de caméra : dans Mud, la caméra est très fluide, elle vogue au rythme du Mississippi : « C’est la première fois que j’utilise la steadicam », indique Jeff Nichols. « Je déteste la caméra à l’épaule, l’image qui bouge dans tous les sens. J’avais besoin que la caméra se déplace élégamment. Je voulais réaliser un film qui semble plus facile à regarder : le Mississippi coule à une vitesse de 5 km/h et est le plus sinueux au monde. Lorsque l’on navigue dessus, on ne voit pas où l’on va. »

Un bateau sur un arbre perché : c’est un de ses anciens professeurs qui a donné au metteur en scène Jeff Nichols l’idée du bateau dans l’arbre. Ce dernier raconte : « Nous parlions du scénario et je lui ai dit, « Si vous étiez un jeune garçon, pourquoi iriez-vous sur une île au milieu du Mississippi ? ». Il m’a répondu : « Il pourrait y avoir un bateau perché dans un arbre suite à une crue ». Nous avons vraiment placé un bateau en haut d’un arbre. Lorsque la grue l’a déposé, c’était parfait, magique, presque irréel. Chaque jour, il nous fallait plusieurs heures pour arriver sur le tournage. Nous traversions un bois et soudain nous tombions sur ce spectacle. » (source Allocine).

J’espère que vous avez aimé ces anecdotes. Et vous qu’avez-vous pensé de ce film ? N’hésitez pas à partager et commenter.

Vous aimez les héros sombres, dans des paysages étranges et inhospitaliers ? Je vous propose de découvrir Réalités Invisibles.

Par l’auteur d’Aztèques : Harem, roman lauréat du Salon du Livre Paris 2017 par le jury Amazon KDP :

Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles fantastiques :
Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.
Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…

Extraits :
« Sur la table, la chenille rampait en engloutissant les miettes. Lorsqu’il n’y en eut plus une seule, elle escalada un paquet de gâteau.
— Ne mange pas ça, objecta Marion en s’apercevant qu’elle dévorait peu à peu l’emballage plastique. »

« Les mains tremblantes d’excitation, Valmek enfouit le coffret dans sa sacoche. Une fois qu’il eut franchi le seuil de la pièce, un frémissement parcourut le plancher. La porte se referma en grinçant, sans même qu’il ne la touche. Intrigué, il tourna la poignée, mais elle était de nouveau verrouillée.
Il rebroussa chemin, entre les heaumes impassibles, en direction de la lueur bleutée du hall, et redescendit l’escalier.
Il allait atteindre le milieu des marches lorsqu’il se sentit glisser. Les degrés s’étaient affaissés sous ses pieds. Sa sacoche lui échappa des mains, et il roula jusqu’à heurter la rampe avec la tête. »

« Le voyageur s’arrêta pour reprendre son souffle. Les flacons tourbillonnaient entre les conifères sombres, tortueux, qui l’enserraient de toutes parts.
Il plaça ses mains en visière pour se protéger de la neige lui brûlant le visage, et secoua sa barbe chargée de stalactites glacées. Ses habits détrempés, recouverts d’une épaisse couche de givre, étaient devenus rugueux, cartonnés par le froid.
Grelottant, il reprit la marche. Ses pas s’enfonçaient dans la neige à hauteur de genou. À bout de forces, il déboucha sur une crevasse large et profonde, dont les parois nues se perdaient dans l’obscurité. Le vent, en s’y engouffrant, prenait une voix plaintive et dérangeante.
Son regard s’illumina soudain. Une lueur vacillante, lointaine, semblait percer la nuit. Il sortit une longue vue et aperçut, cernée de sapins hérissés et de rochers pointus, la façade brune d’un chalet. »

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