Mon retour sur Les Misérables, de Victor Hugo

Chers amis,

Je vous propose aujourd’hui un retour sur un monument littéraire : Les Misérables.

Ce que j’ai aimé :

– La construction et l’exploitation des différentes intrigues, plus précisément la manière dont les conflits externes et internes sont exploités, il y a toujours des rebondissements, on ne sait jamais comment ça va finir, l’auteur fait espérer, craindre pendant des pages et des pages, pour finalement toujours placer le lecteur au cœur du débat pour qu’il se pose la question : que ferais-je fait à sa place ? De quoi apprendre à quel point on peut creuser ses scènes.

– La maîtrise et la beauté de l’écriture : beaucoup de précision, de poésie, des associations originales, magnifiques, de l’humour, on sent vraiment qu’on a affaire à quelqu’un qui maîtrise le sens des mots, leur musicalité. Je n’avais jamais rien lu d’aussi beau, pur et précis.

– Les multiples digressions où l’auteur nous donne son point de vue riche et argumenté sur des faits historiques ou sociétaux tels que la bataille de Waterloo, la question de l’assainissement des villes avec la description des égouts de Paris, l’argot, avec ses mots empruntés parfois au passé, à l’étranger, parfois construits au présent par les plus basses couches populaires, ce vocabulaire toujours riche qui ne cesse d’évoluer et de se transformer, et qui même s’il n’est pas « noble », porte beaucoup de sens – et peut être anobli.

– Tout le message relatif à la justice, au système pénitentiaire, au statut des prisonniers et des bagnards. Après « Le dernier jour d’un condamné », l’auteur dénonce. Il est surprenant de constater que les problèmes d’alors sont toujours d’actualité. Cette partie m’a particulièrement intéressée puisque c’est l’univers de mon dernier roman The Prison Experiment. Un système carcéral qui produit de la délinquance, de la haine de la société. De la maltraitance de la part des gardiens, des détenus qui se retrouvent étiquetés à vie. Bagnard un jour, bagnard toujours, jusqu’à sa mort. Heureusement je pense, les punitions sont aujourd’hui mieux proportionnées aux fautes commises qu’en ce temps là. C’était aussi très intéressant du point de vue de ce qui se passe dans la tête d’un condamné. J’ai pris des notes tout au long de la lecture que j’ai retravaillées et insérées dans le tome 2 de mon roman, à paraître.

– La manière dont l’auteur nous parle d’amitié, d’amour, dont il nous décrit beaucoup de facettes de manière sobre, parfois crue, souvent poétique et toujours vraie, comme ces petits oiseaux que Causette observe de sa fenêtre ensoleillée à la fin du roman.

– La manière dont l’auteur s’exprime à travers certains personnages comme Anjolras, le père de Marius ou de Causette, par le biais de soliloques, où il nous livre des discours magnifiques et poignants, comme s’il nous parlait directement.

Ce roman peut vous plaire si :

– Vous aimez les belles plumes, la maîtrise de la langue française, les phrases belles et poétiques avec du sens.

– Vous aimez apprendre. Vous souhaitez découvrir une époque très riche sur le plan politique et social, qui reflète par plein d’aspects notre époque actuelle. Vous vous aimez le XIXe siècle, Bonaparte, la Restauration…

– Vous vous intéressez à la question de la prison et de la justice.

– Vous aimez les surprises et les rebondissements.

– Vous aimez les intrigues policières avec complots, personnages abjects, policiers cauchemardesques, évasions, fuites, situations dont il semble impossible de se sortir, histoires d’amour.

– Vous voulez découvrir Hugo et lire un monument littéraire. Raison suffisante !

Je ne prétends pas que cette analyse soit exhaustive, loin s’en faut, je pourrais écrire des pages au sujet de ce roman.

L’idée était surtout de faire passer certains aspects qui m’ont plu et de vous donner envie de le découvrir.

Conclusion :

L’essentiel, c’est peut-être que ce livre est un livre qui transforme. Quand on le lit avec attention, une volonté naît en nous, celle de devenir, à l’image de Jean Valjean, un être meilleur. Un être au service de la lumière.

Du temps de sa jeunesse folle, Hugo disait : « Je serai Chateaubriand ou je ne serai rien ».

Tu es devenu Hugo.

« Tu n’es plus là où tu étais, tu es partout là où je suis. »

Bravo, Maître !

Ci-joint l’affiche d’une comédie musicale qui a le mérite d’illustrer en partie la puissance du livre.

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