THE PRISON EXPERIMENT : extrait n°2

« La colonne de soldats progresse en silence dans la nuit.
Leurs silhouettes sombres et massives tranchent sur la forêt d’étoiles qui les surplombe. Leur casques oscillent au rythme de leurs pas rapides, leurs souffles se condensent dans l’obscurité, leurs fusils brillent au reflet argenté de la lune.
La silhouette d’Elena Grinberg contraste avec celles des hommes qui l’entourent. Devant elle, Gordon Tyler, en tête de colonne, suivi de Jeff Basileus, imposent le rythme et la direction. Derrière elle, dix fantassins se relaient pour porter un lourd coffre de kevlar.
Les mercenaires longent une crête de sable ocre. Leurs pieds s’enfoncent sous le poids de leur équipement. La respiration saccadée des porteurs se mêle aux stridulations des insectes nocturnes, parfois troublées par le cri d’un coyote dans le lointain. De hauts cactus s’élèvent derrière des genévriers aux odeurs boisées. Solitaires et décharnés, ils semblent les surveiller comme des sentinelles inquiétantes.
Parvenu au sommet de l’escarpement, Tyler s’immobilise.
Cinq cent mètres plus bas se creuse une vallée d’un rouge sombre, cernée de montagnes aux falaises escarpées, semblables aux parois d’un cratère géant. Au sein d’une clôture barbelée loge un ensemble de bâtiments camouflés, rectangulaires, ordonnés selon un schéma symétrique de lignes et d’angles droits autour d’une place de sable jaune. Au milieu de la place s’élève le mat métallique d’un drapeau. Aucun mouvement n’anime la plateforme. Seule une lumière cendrée perce l’obscurité.
Le poste de surveillance, se dit Elena.
Au-delà de la base secrète de Papoose Lake s’étend le cercle nacré du lac de sel qui lui a donné son nom. Telle une balafre géante, une piste d’atterrissage coupe sa surface de part en part. À son extrémité la plus éloignée se dresse la silhouette fantomatique d’un C130 Hercules noir, immobile, seul, comme abandonné.
C’est alors qu’Elena détecte sa présence, entre ciel et montagne, juste sous la voie lactée. Un dôme circulaire d’un noir cuivré, un songe divin dont les dimensions renvoient le reste des installations à l’état de jouets pour enfants.
À l’état de fourmis.

— L’Œuvre, indique Tyler, dont la voix résonne dans toutes les oreillettes.
— Dites-moi que je rêve… poursuit Basileus.

Dites-moi que je rêve, se répète la jeune femme, qui ne peut quitter des yeux l’immense forme qui la fascine, l’attire et la terrifie en même temps, tel l’appel inconnu d’un dieu émergeant.
Portant la main à son casque, Elena active sa caméra thermique et parcourt la prison des yeux. Des milliers de plaques d’alliage composent sa surface, alternant du brun au noir, rappelant les nuances des roches environnantes, ou les écailles d’un monstre organique dont la partie visible serait l’encéphale. Un encéphale à l’arrondi parfait, superbe et orgueilleux, qui dépasse des falaises qui lui servent d’écrin et défie Bald Mountain, dont le profil acéré pointe sur l’horizon.

— 02h13, indique Tyler. Ne traînons pas. »

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