Aztèques : chronique « D’Pêche Culturelle »

Un grand merci à KEVIN pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : D’Pêche culturelle.

Aztèques 1 : Harem, d’Eric Costa.

 

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?
Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers. Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée. Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations. Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?
Mon avis :

Si vous détenez Aztèques, saison 1 : Harem dans votre bibliothèque, dans vos mains ou dans votre wish-list, ne vous apprêtez pas à lire un livre. Préparez-vous davantage à vivre une aventure qui fera de vous un explorateur de culture et d’un monde d’un autre temps.

Aztèques est une saga qui connaît un démarrage convaincant et prometteur. Eric Costa, son auteur, l’a notamment présenté au Salon du Livre de Paris cette année et remporté le prix du Jury Amazon Kindle. Pour ma, part, j’ai appris son existence lors de l’anniversaire de Bookn’series. Eric nous avez alors présenté son bébé qui comportera à terme sept saisons. Mais pour l’heure, intéressons-nous au premier volet des aventures d’Ameyal.

Jeune fille du chef d’un village dans un Mexique précolombien assez méconnu, Ameyal va être témoin de la destruction de sa tribu. Faites prisonnière par des assaillants Aztèques, elle se retrouve vendue lors d’un marché d’esclaves. Puis elle finit par entrer au service du Harem d’une autorité d’une ville Aztèque. Entre trahisons, complots internes et combats pour la liberté ou le pouvoir, Ameyal serait-elle celle qui fera tomber l’Empire ?

Ce roman est singulier dans le sens où il existe deux lectures possibles.

La première concerne le fond de l’histoire. Pour écrire Harem, Eric Costa s’est inspiré du livre de Su Tong, Épouses et concubines. On y retrouve les éléments principaux d’un huis clos exaltant au regard des nombreuses magouilles qui peuvent avoir lieu dans une simple cours. Pour s’assurer les faveurs du Maître et ainsi détrôner les Epouses, les concubines qui constituent le Harem complotent au détriment des esclaves, qui elles-mêmes sont prêtes à tout pour prendre la place des concubines.
Ameyal qui vient d’assister à la destruction de son village entame ainsi sa vie de jeune esclave de seize ans en étant confrontée aux bassesses et vilénies. Sur ce fait, l’histoire fonctionne bien. Harem va permettre à Ameyal de se construire. C’est alors que l’on va découvrir que la jeune fille innocente et crédule du début se transforme peu à peu en vraie combattante et manipulatrice à son tour malgré elle.

La seconde lecture ravira les férus d’Histoire. Il faut savoir qu’Eric Costa a lu tout ce que l’on peut trouver sur les Aztèques. L’un des plus importants ouvrages étant celui du moine franciscain Bernardo de Sahagun qui rédigea Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne. Cet ouvrage renferme tout ce que ce moine a vécu auprès des Aztèques, de la naissance à la mort en passant par le mariage ou les combats. Parmi d’autres ouvrages bien que peu nombreux, Eric Costa a étudié Christian Duverger et Jacques Soustelle, deux grands spécialistes de la civilisation Aztèque. Vous l’aurez donc compris, non seulement, vous vivrez une aventure dans un huis clos royal, mais vous allez également voyager dans le temps.

J’ai beaucoup aimé ma lecture pour ces deux aspects. Le huis clos est très bien travaillé. L’intrigue est simple et je me suis vite pris au jeu de chercher à comprendre qui tirait vraiment les ficelles. Le garde cupide, machiste et opportuniste ? L’esclave qui rêve de pouvoir ? Ou bien l’ombre qui se tapit derrière toutes les affaires de ce Harem ?

Je ne vous cache cependant pas que j’étais perplexe au devenir de cette lecture. L’histoire commence par la destruction du village de manière soudaine et assez violente (un clin d’œil à Conan le barbare, autre source d’inspiration de l’auteur). Mais elle reflète néanmoins le caractère violent de cette société méconnue. J’ai poursuivi et j’ai bien fait, car le passage n’est pas très long. De plus, la plume d’Eric Costa est agréable à lire : je m’en serais voulu de ne pas poursuivre.
Il faudra un moment d’adaptation pour s’habituer à lire les noms aztèques. Mais l’auteur a préparé pour vous un véritable panthéon de mots. Un lexique complet, présentant les mots par catégorie : Dieu, terme, bibliographie !

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