Aztèques : chronique « Le blog de Dominique »

Un immense merci à Dominique pour sa chronique !
Vous pouvez la retrouver sur son site : Le coin de Dominique.

AZTÈQUES 1 — Harem, d’Eric Costa

« Leurs corps vibrent à l’unisson. Des papillons s’envolent, comme des fleurs emportées par le vent ».

Un petit vent frais souffle sur les horreurs coutumières d’Amazon. On offre au dieu un enfant mort, on transperce des mains avec un poignard, on lapide et l’on arrache une langue, mais il y a des oiseaux dans une cage et des dindons par terre, un jardin aux cactus, une fontaine aux magueys, des encensoirs chargés de braises et la lueur orangée du soleil – tout cela peint avec une grande précision, beaucoup de délicatesse et des aplats de couleurs : le douanier Rousseau s’est invité au pays des Aztèques. Et me voilà en train de vous parler d’un roman qui représente à priori tout ce qui m’ennuie : l’avalanche de péripéties, les scènes de crime, la multiplication des personnages.

Comme quoi il ne faut jamais parler avant de savoir : ce roman possède une particularité qui en fait toute sa richesse, je veux parler de ce contraste étonnant entre la tranquillité du récit et la violence de ce qu’il nous raconte. Entre l’ordre parfait dans la succession des scènes et le désordre de tous ces personnages que vous allez confondre un bon moment, comme dans les romans russes. Mais vous vous y ferez, nous sommes dans un Harem, il y a une quantité de femmes, de quoi se sentir perdu. Peu à peu on s’habitue et l’on reconnaît de loin les esclaves de l’extérieur qui sentent la terre,  celles de l’intérieur qui sont un peu moins malheureuses, les vingt sept concubines qui sentent la cannelle et les trois épouses. On attend le Maître, qui n’apparaît qu’à la fin et l’on se dit qu’on n’a rien raté, en le regardant manger.

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Après une longue marche qui ressemble à l’enfer, Ameyal est conduite dans un harem, où toute désobéissance est sauvagement punie et où les épouses se déchirent. La jeune fille a des yeux verts à tomber et un grand courage –ou une grande inconscience et elle se retrouve au centre d’une intrigue qui va la mettre plusieurs fois en danger : la seconde épouse du Maître, Coatzin, va se servir d’elle dans le but d’éliminer la troisième, Xalaquia (je vous avais prévenus pour les noms). Ameyal va subir entre autres le supplice des piments –une horreur- et sera enfermée dans un cachot treize jours et treize lunes…

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Mais je vais vous laisser découvrir toutes ces péripéties et je vous préviens, tout cela est construit comme une suite de tableaux, dont chacun possède son éclairage particulier : « Dans le cadre de la fenêtre s’étire un long nuage qui dérive vers la lune. Il recouvre bientôt l’astre, plongeant la chambre dans l’obscurité ». Et j’ai une question à poser : n’est-il pas plus difficile aujourd’hui de rester délicat quand d’autres sont vulgaires en se croyant modernes ?

Je parle du style et je crois que la réponse est oui, en tout cas ce roman m’a surprise et je garderai un bon moment  dans la tête, je pense, la silhouette gracile de « celle qui s’habille de sable ».

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