Ce texte a été rédigé par le Père Anselme de Rochefort il y a plus d’un siècle.
Je vous laisse le découvrir ici, et vous retrouve à la fin de votre lecture pour vous livrer mes conclusions.

« Manuscrit d’Anselme, 21 août 1865
Le vent s’engouffre dans cette salle d’étude où je suis attablé, et la lumière de ma lanterne peine à chasser l’obscurité qui m’entoure. Si peu de gens savent que le Mont, aujourd’hui refuge spirituel, a connu des jours plus sombres, notre ordre s’en souvient, et je vais vous confier ce que je sais.
Après la Révolution, l’abbaye a été réquisitionnée comme lieu de détention. Les premiers prisonniers étaient des prêtres réfractaires, forcés de renier leur foi. Beaucoup succombèrent à l’humidité et à la malnutrition et leurs plaintes hantent encore ces murs. Au fil des ans, la prison s’élargit, accueillant des criminels et des condamnés politiques. Quelques années plus tard survinrent les premières disparitions.
Les récits des gardiens mentionnaient des silhouettes aperçues au détour des couloirs, des bruits de chaînes dans des galeries supposées vides. Une légende s’installa : celle d’un mal ancien, réveillé pour une raison inexpliquée. Certains prisonniers entendaient des voix avant de disparaître, ne laissant derrière qu’une paire de bottes, une cuillère plantée dans une porte de bois ou un chapeau oublié sur un lit.
« Nous ignorons ce qui rôde ici », écrivait un gardien anonyme en 1809, « mais je jure sur mon âme qu’il y a quelque chose. Une nuit, j’ai vu une ombre se glisser sous une porte close. Quand je suis entré, la cellule était vide. Une brise m’a traversé… j’ai eu l’impression de pénétrer dans le domaine des morts. »
En 1863, sous la pression des réformateurs et des autorités, la prison fut fermée, officiellement en raison des conditions inhumaines qui y régnaient. Je crains que la vérité ne soit bien plus sinistre. Les disparitions s’étaient multipliées, certains gardiens refusaient de descendre dans niveaux les plus bas de la prison. Un matin, ils retrouvèrent l’un des leurs, Antoine Durand, en prière devant la statue de Saint Michel, le visage figé par la terreur. Il ne cessait de répéter :
« Les profondeurs l’ont pris. Saint Michel, pardonne-moi. »
Lors de mes explorations des galeries souterraines, j’ai remarqué un symbole gravé dans la pierre :
un cercle noir encadrant une pieuvre monstrueuse. Mes recherches indiquent qu’il s’agit d’un signe ancien, peut-être un avertissement, mais je n’en suis pas certain.
À présent, alors que je consigne ces événements dans ce carnet, plusieurs disparition ont été reportées au Mont, et je me questionne au sujet de leur lien avec l’ancienne prison.
Je perçois une ombre qui rôde, une présence intangible et oppressante. Quelqu’un ou quelque chose chercherait-il à me dissuader de vous révéler ce qui pèse sur mon cœur ?
À vous qui lirez ces mots : sachez que l’ancienne prison doit rester scellée à jamais. J’ignore ce qu’il adviendra si elle est réhabilitée, mais je promets, par la foi et la lumière de l’Archange, de faire mon possible pour garder à distance les abominations du passé.
Que Dieu vous garde,
Père Anselme de Rochefort. »
NDLR : L’existence de la prison du Mont est un fait historique. Le Père Anselme a trouvé la mort cinq ans après avoir rédigé ces lignes. À ce jour, nul n’a pu expliquer les causes de sa mort ni les raisons pour lesquelles les disparitions ont subitement cessé.

j’attends la suite avec impatience !
Bonne année à vous Eric et de nouvelles aventures à partager 🙏
Patrick
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Merci Patrick !
Très belle année à vous et rendez-vous d’ici deux trois mois si tout va bien 😉
Eric
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