The Prison Experiment T3 : chronique de Les mots étaient livres

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Cela fait un an, presque jour pour jour, que j’ai tourné la dernière page du premier opus de cette trilogie. Un an déjà que j’ai pénétré – de façon totalement métaphorique bien entendu – dans l’Œuvre aux côtés d’Elena et de ses compagnons. Un an que je me fais régulièrement la réflexion que je n’ai décidemment rien d’une héroïne de roman : à la place de notre chère hackeuse, je serai déjà morte à plusieurs reprises (de froid, de faim, d’une mauvaise rencontre, d’une chute), ou bien j’aurai enchainé les crises d’angoisse jusqu’à devenir complétement folle. Autant vous dire que j’admire énormément Elena, seule femme enfermée dans une prison expérimentale coupée du monde, entourée de détenus sanguinaires et de soldats machistes … D’autant plus qu’il ne fait absolument aucun doute, et cela depuis le début du premier tome, qu’elle est la seule personne au monde capable de mettre définitivement fin à toute cette sombre affaire … Du moins, c’est ce que l’on croit.

Ils étaient treize. Ils ne sont plus que deux. Elena et Lasios sont les seuls rescapés de l’unité de mercenaires envoyés dans l’Œuvre pour exfiltrer son architecte, surnommé Dédale. Aidés par Jackson, Explorateur et ancien militaire, ils tentent de résoudre l’énigme censée les conduire jusqu’au Maitre de l’Œuvre. Mais les épreuves et embûches se multiplient sur leur chemin, et leur quête se transforme rapidement en une lutte pour leur seule survie … Et cela d’autant plus que la guerre civile menace d’éclater au sein de la prison, tandis que les Factions se dressent les unes contre les autres. Pendant ce temps, à l’extérieur, s’organise la mission de la dernière chance : suite aux révélations d’Agellos, le gouvernement américain est obligé d’agir pour redorer son blason, et envoie donc un ultime commando pour faire sortir tous les détenus de cette prison expérimentale incontrôlable. Le colonel Maximus est à la tête de cette opération cruciale … Réussira-t-il là où tant d’autres ont échoué ?

N’ayant pas pris le temps de relire les deux premiers volumes avant de me plonger dans celui-ci – des pavés de cet acabit, ça ne se lit pas en deux minutes, et j’avais atrocement envie de connaitre le fin mot de l’histoire –, il m’a fallu quelques chapitres avant de me souvenir d’où nous avions laissé nos héros, et pour me replonger véritablement dans l’enfer de l’Œuvre … On le sent, la fin approche : le rythme s’accélère, les affrontements se font plus nombreux et plus violents. L’équilibre de la prison est brisé. Il est grand temps que tout le monde sorte de ce terrifiant huis-clos où cohabitent petits bandits et grands criminels, ainsi que parfaits innocents – je pense aux scientifiques chargés d’étudier le comportement des détenus, et qui ont eux aussi été livrés en pâture à l’Œuvre. Quand arrive le colonel Maximus et son unité, on tremble à la fois de soulagement et d’effroi : enfin ils se bougent pour mettre fin à cette terrible expérimentation hors de contrôle ! mais feront-ils mieux que tous ceux qui les ont précédés, ou le piège de l’Œuvre se refermera-t-il sur eux également ? Car il ne fait absolument aucun doute que le Maitre ne voit pas d’un très bon œil toutes ces intrusions dans son Œuvre …

Le Maitre. Cela fait déjà deux tomes que tout tourne autour de lui sans que jamais il n’apparaisse. On l’imagine, bien planqué dans sa salle de contrôle, omniscient et omnipotent, tel un Dieu, régnant sur son Œuvre comme sur le monde. D’une certaine façon, on ne peut qu’admirer son génie : il a réussi à reconstituer tous les écosystèmes terrestres dans un seul édifice, il a réussi à créer un monde parfaitement autonome, parfaitement coupé du monde. Mais de l’autre, on a véritablement envie de mettre fin à son omnipotence : ils jouent avec les détenus comme un gosse joue avec des playmobils, et c’est révoltant. Le Maitre. On attend depuis le tout début la rencontre, la confrontation, entre Elena et ce mystérieux bonhomme, divinisé par les Bâtisseurs, craint par tous les autres détenus. Et ce face à face tant attendu approche à grand pas … mais le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. Que d’embûches se dressent sur le chemin de nos héros ! A chaque fois qu’on se dit « ça y est, ils y sont, ils ont réussi ! », quelque chose surgit pour mieux nous abasourdir. Comme Elena, le lecteur est prêt à renoncer. Et puis, ça y est, ce qu’on attend depuis le tout début arrive enfin … et c’est le choc. Je ne m’attendais pas à un tel retournement de situation, c’est grandiose ! Effrayant, mais grandiose …

Comme c’était déjà le cas dans les tomes précédents, l’auteur nous invite à suivre ici plusieurs points de vue. J’aime beaucoup les récits de ce genre, et c’est d’autant plus captivant ici que c’est admirablement bien mené. D’un côté, nous avons donc les péripéties de notre chère Elena et de son compagnon Jackson – il y a Basileus aussi, mais je ne l’apprécie pas plus que cela, donc je me le suis coltinée pendant 600 pages en ayant l’envie furieuse d’entrer dans le livre pour lui mettre des baffes. J’aime beaucoup ce duo, assez explosif et complémentaire. D’un côté, la jeune mercenaire, pour qui « la fin justifie les moyens » : tout ce qui l’intéresse, c’est de toucher la prime pour payer le traitement de sa mère. Et de l’autre, nous avons l’ancien militaire, paladin des temps modernes, aux valeurs inébranlables et à la loyauté admirable. Il ne la laissera pas tomber, quand bien même il n’est pas toujours d’accord avec ses choix et ses idées, il la soutiendra jusqu’au bout car il s’y est engagé. Nous avons ensuite le point de vue de Maximus, colonel assez orgueilleux au premier abord, mais qui cache finalement un grand cœur. En l’espace d’une mission, qui sera probablement sa dernière, il se remet en question, retrouve l’humilité qu’il avait perdue au cours de sa carrière. Quand bien même ses aventures n’apportent rien « de plus » à la connaissance des dangers de l’Œuvre, j’ai beaucoup aimé le suivre. 

Et puis nous avons enfin, comme toujours, les extraits du journal de Josh. Ici, c’est un homme brisé qui nous conte l’enfer du mitard, du couloir de la mort … C’est atroce, d’autant plus quand on sait que c’est amplement inspiré d’un véritable journal d’un véritable détenu. Quand on lit cela, on se rend finalement compte que ce qui nous semble si monstrueux au sein de l’Œuvre existe bel et bien dans les « vraies » prisons. Cela s’exprime un peu différemment que dans le huis-clos de la prison expérimentale, mais l’enfer est déjà bel et bien là. Derrière les murs des centres pénitenciers, les hommes perdent toute humanité. Les uns parce que la prison amplifie leurs vices. Les autres parce qu’ils sombrent dans le désespoir. On pourrait écrire des centaines d’essais à propos de l’éthique des prisons, sans jamais en dire assez ni trouver de véritables solutions à ces problèmes. Cette trilogie, elle, de façon un peu détournée en mettant l’accent sur l’Œuvre et ses mystères, ne fait finalement qu’exposer les faits. A chacun de se laisser ou non interpeller par cette situation. De même, si ce troisième opus évoque en long, en large et en travers la question des intelligences artificielles, de leurs avantages et de leurs dangers, la question n’est jamais tranchée. Au lecteur de se faire sa propre opinion …

En bref, vous l’auriez bien compris, c’est une fin magistrale que nous offre l’auteur avec ce troisième et ultime opus ! Toujours aussi haletant, toujours aussi surprenant, on vogue de surprises en frayeurs, d’espoirs en désillusions … Un vrai régal littéraire, qui allie à merveille l’action, l’émotion et la réflexion. Sur la nature humaine, sur la technologie, sur la morale, sur la liberté, la vérité … Que de grandes thématiques évoquées sous le prisme de la fiction ! C’est assurément l’aspect que je préfère dans cette saga, moi qui aime tant les lectures qui font réfléchir sans en avoir l’air ! J’ai cependant un petit bémol pour le final : j’aurai vraiment préféré que l’auteur s’arrête à la sortie de l’Œuvre, pour boucler la boucle, sans rien ajouter à l’après. Car l’après, c’est déjà une autre, une nouvelle histoire … Or, à mes yeux, l’histoire prenait fin au moment où Elena sort de l’Œuvre, tout comme elle a débuté à l’instant où elle y est entrée. Je trouve un peu dommage d’avoir prolongé l’histoire, plutôt que de laisser le lecteur s’imaginer lui-même la suite s’il le souhaitait … Mais ce n’est qu’un détail qui ne m’a clairement pas empêché d’avoir un coup de cœur pour ce tome et pour cette trilogie en général ! »

Un grand merci à Les mots étaient livres pour cette très belle chronique !

 

The Prison Experiment :

« Zone 51, désert du Nevada.
Un dôme immense, à la peau cuivrée, se dresse tel un monstre sous les étoiles.
Son nom : « L’Œuvre », prison expérimentale secrète dotée d’une intelligence artificielle.
Nul ne sait ce que recèle l’édifice depuis que la CIA en a perdu le contrôle. Que sont devenus les 5300 détenus, livrés à eux-mêmes après sept ans d’abandon ?
Un commando de douze hommes et une femme pénètre en secret dans ce labyrinthe mortel.
Leur mission : retrouver Dédale, son architecte, à n’importe quel prix.
Elena, hackeuse surdouée, compte bien percer les mystères de l’Œuvre. Elle ignore que cette mission l’emportera au-delà des illusions, face à ses peurs les plus folles, dans les tréfonds de l’âme humaine. 
Son génie peut les sauver… ou les tuer.
Jusqu’où l’homme peut-il aller pour survivre ? »

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