Aztèques : La Croisée des Mondes : chronique que Sarah Auger

Je remercie Sarah Auger pour cette magnifique chronique sur La Croisée des Mondes. Sarah suit les aventures d’Ameyal depuis le début et lire ses retours est toujours un grand plaisir.

« Nous avions quitté Ameyal alors qu’elle réussissait le test final avec panache pour entrer au harem. La voilà désormais presque concubine. Reste une étape à franchir, et pas des moindres. Dans ce monde, tout ressemble à une succession d’épreuves. L’une à peine dépassée, la suivante s’annonce plus terrible encore.
Ce qu’elle désire par-dessus tout, c’est retrouver sa liberté. Elle aurait pu se contenter de son statut de concubine si chèrement acquis, mais non. Ameya est une jeune femme qui s’affirme et reste entière. Rien ne lui fera renier ses envies premières.

Le cadre certes idyllique ne nous envoie toutefois que de la poudre aux yeux. Des jardins luxuriants qui invitent à s’y prélasser aux intérieurs fastueux richement décorés, tout n’est que façade.
Très vite, elle constate amèrement que devenir concubine ne représente en rien une amélioration de sa condition. La liberté n’existe pas plus que pour les esclaves. Elles évoluent juste dans des cages un peu plus dorées et confortables.
Manigances et trahisons, alliances et retournements, coups bas et méchanceté émaillent la vie en ces lieux.
Les dix lois n’existent que pour être contournées. Celle qui les maîtrise le mieux peut en tirer un avantage indéniable si elle ne se fait pas prendre.
La vie au harem n’est pas si belle qu’on pourrait l’imaginer. Les machinations sont encore plus diaboliques qu’à l’école qu’Ameyal vient de quitter.
Les femmes les plus influentes se livrent à toutes les ruses pour conserver leurs privilèges. Les autres manigancent pour les détrôner. Tout est jeu de pouvoir et jalousies.
La méfiance reste de mise, Ameyal n’est pas dupe et se doute que chacun de ses soutiens agit dans son propre intérêt.
« Personne ici n’est ce qu’il semble être. »
Il faut se méfier des apparences, chacun cherche à se mettre en valeur et gravir de nouveaux échelons au détriment des autres ou parfois même par la manipulation.

Au milieu de tout cela, la jeune fille innocente conduite de force dans cette ville apprend vite pour tirer son épingle du jeu. Elle assimile rapidement les règles, mais devra faire preuve de patience, et surtout de prudence, chose difficile pour elle qui se laisse sans cesse embringuer dans des combines à son insu.
Cette femme possède un vrai sens du devoir, une conscience des valeurs que rien ne lui fera renier. Attachante, son courage force l’admiration, sa personnalité se forge, elle s’affirme. Ameyal se révèle intègre et ne se laisse pas corrompre. Elle cerne rapidement son environnement pour s’y adapter et faire les bons choix quand on lui en laisse la possibilité.
Son attitude reste exemplaire malgré les dangers qui l’entourent. Elle ne lâche rien même dans les coups durs. Elle ne perd jamais de vue son objectif premier, quoi qu’elle entreprenne.
L’école du harem n’était qu’une entrée en matière, le chemin reste encore long et les désillusions nombreuses.

Les alliées d’hier pourraient bien devenir les ennemies de demain.
« Rien ne se fait ici sans raison. Les alliances se font et se défont au gré des vents. Rien n’est plus faux qu’un sourire et plus vrai qu’un battement de cil. »
Elle en arrive à douter de sa seule véritable alliée. On ne connaît jamais vraiment nos proches. C’est encore plus vrai dans ce nid de vipères où l’on ne sait si l’on peut faire confiance et où la devise semble être : tuer ou être tuée.
Ameyal aura fort à faire pour garantir sa propre sécurité. Rien n’est gratuit, tout se paie d’une façon ou d’une autre.
Heureusement pour elle, cette jeune femme est dotée d’un instinct de survie hors du commun.
Le moindre secret devient source potentielle de chantage que chacun va vouloir utiliser à son avantage.
Tantôt ingénue, tantôt naïve, elle l’est toutefois moins qu’il n’y paraît et sait se servir de ses atouts, ce qui la place parfois en fâcheuse posture. Elle peut également si besoin se montrer froide ou calculatrice pour tirer profit des failles de ses adversaires dont le nombre semble croître de façon exponentielle.
À plusieurs reprises, Ameyal joue un jeu dangereux, notamment dans la séduction avec Ahuizotl le maître des lieux, qui s’y montrera sensible. Elle prend le risque de se brûler les ailes plus fort qu’elle ne le croit. Au jeu du chat et de la souris, le chat pourrait bien planter ses griffes et la broyer avec une facilité qu’elle n’entrevoyait pas.
Sans cesse sur la sellette, elle va croire son destin joué à différentes reprises dans ce jeu de dupe.

« Ne plus rien avoir ni personne, la rend libre. »
Est-ce vraiment cela, la liberté ?
Le destin semble décider une nouvelle fois à sa place de ce qu’elle doit faire, elle n’a aucune prise sur son avenir. Quoi qu’elle tente, tout la ramène à ce qui a été prévu par d’autres, et non vers ce qu’elle souhaiterait.
Le sens du devoir et des vraies valeurs prend le pas sur son désir de liberté. Cette femme se trompe rarement dans ses choix, et décide non dans son propre intérêt, mais en accord avec son rang, dans celui du plus grand nombre.
Finalement, être libre n’est-ce pas être maître de ses choix ?

Si Ameyal s’affirme, la plume d’Éric Costa gagne elle aussi en assurance.
C’est avec un plaisir accru que j’ai lu la suite des aventures de cette jeune femme.
Les émotions sont bien présentes, plus d’une fois, j’ai tremblé pour son héroïne.
Ce troisième tome est une vraie réussite, on ne s’ennuie pas, l’action ne s’arrête jamais.
Si l’on suit les mêmes personnages dans le même lieu, tout se renouvelle d’une étape à l’autre. Eric réussit le tour de force de nous livrer chaque fois une histoire différente sans redondances.
Rien ne se répète, on en apprend un peu plus chaque fois non seulement les personnages, mais aussi sur les lieux et l’époque.
On avance et on évolue au rythme des personnages.
L’immersion se fait avec brio dans ce monde où il y a tant à découvrir.
Si vous n’avez pas encore lu cette saga, je ne peux que vous inviter à le faire. »

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