Aztèques : La Croisée des Mondes : chronique de Laurent Fabre

Je remercie Les Chroniques de Laurent pour cette magnifique chronique de La Croisée des Mondes !

« La Croisée des Mondes Aztèques tome 3 d’ Eric Costa, entre fascination et passion, vibrez et vivez dans le tourbillon de la vie d’Ameyal !!!

Comme je l’avais déjà annoncé lors de ma précédente chronique de La voie du Papillon Aztèques Tome 2 à la question s’il fallait obligatoirement avoir lu le premier, la question est pertinente et d’importance pour ne pas passer à côté d’une multitude d’émotions et d’empathie à l’égard du personnage principal.

D’abord, pour la continuité de l’histoire amorcée avec Harem dans laquelle Ameyal est enlevée par des guerriers aztèques pour être vendue comme esclave dans un harem.
Ensuite, dans le tome 2, c’est l’apprentissage à l’école du harem pour devenir … concubine.

L’autre intérêt d’avoir lu les précédents romans est de constater l’évolution ou la progression du personnage principal au sein d’un microcosme, de nouveaux personnages qui font leur apparition quand d’autres disparaissent pour le meilleur ou le pire, si les lieux restent inchangés, il n’en est pas de même pour ce qui m’importe avant tout, celles et ceux qui font l’histoire, les intrigues, les retournements de situation, à savoir les protagonistes, la psychologie prépondérante, l’empathie ou le rejet, la compassion ou l’improvisation face à des situations extrêmes.

C’est aussi l’occasion de retrouver la plume de l’auteur qui m’avait alors envoûté. Il est toujours révélateur et pertinent de lire des romans qui se suivent et ne se ressemblent pas, donnant lieu à un plaisir de lecture renouvelée à chaque fois, évitant la redondance et les redites pour ne pas saturer, ne pas survoler les pages et profiter encore et toujours de chaque instant passé au côté de mon désormais héroïne préférée du temps des aztèques.

Dans ce tome 3, un an est désormais passé depuis la captivité d’Ameyal au sein du harem fortifié, sise à Teotitlan en l’an 1517.
Etre parvenue au terme de l’école d’apprentissage à devenir l’une des trois nouvelles concubines au service du maître des lieux, Ahuizotl, aurait pu satisfaire toutes les esclaves du monde des aztèques mais pas pour Regard de Jade, son nouveau nom, dans sa future nouvelle vie.
Il s’agit juste d’une étape dans sa quête éperdue pour retrouver … sa liberté.

Je remercie une nouvelle fois, Eric Costa, pour sa confiance de m’avoir permis cette lecture qui a une résonnance toute particulière depuis le tome 1.
Quand vous avez éprouvé une telle adhésion et exaltation à la lecture des deux premiers livres d’Aztèques, Harem et La voie du papillon, retrouver le personnage d’Ameyal dans cette nouvelle aventure est précieux, jouissif. Dans l’intervalle, le lecteur se pose de nouvelles questions quant au cheminement de l’histoire, tout reste possible, comment Ameyal va-t-elle s’acquitter de ses nouvelles responsabilités ? Saura-t-elle trouver les ressources mentales et physiques pour arriver à ses fins ? Faire fi de ses turpitudes morales pour assouvir et combattre ses instincts ? Comment va-t-elle apprendre à différencier et ses alliés et ses rivales, distinguer le vrai du faux pour trouver sa voie ?
De celle qui la cheminera vers la mission de sa vie désormais … sa propre liberté !

L’instinct de survie qui était déjà à l’oeuvre précédemment va prendre une tournure encore plus croissante, quand vous évoluez dans la cour des grandes, quand vous êtes à une marche ou à distance d’un bras du pouvoir, il ne s’agit pas de se louper, mieux vaut assurer ses arrières et bien marcher dans les clous pour éviter justement une chute qui n’en sera que plus douloureuse voire mortelle du fait de la hauteur atteinte, une nouvelle fois, j’ai apprécié quelques métaphores qui peuvent trouver écho dans toutes les situations existentielles d’antan et du monde d’aujourd’hui. Plus dur sera la chute … quand on navigue dans les plus hautes sphères de la maison du harem.

Lire La Croisée des Mondes n’est pas seulement la garantie d’un dépaysement au temps des aztèques, de s’évader pour oublier son quotidien le temps de cette lecture passionnante et énivrante, inutile de préciser que le travail de recherche et de fonds historique est indéniablement sans faille, ce qui procure une immersion toujours plus profonde dans les moeurs et l’atmosphère si particulière, exotique, les mille et une saveurs et autres senteurs florales, la végétation luxuriante, les animaux qui existaient encore en ces temps et pour certains qui ont malheurement disparu aujourd’hui, tout concourt pour donner une évasion littéraire au travers du temps et des continents perdus.
L’ambiance vire souvent à l’oppression à travers ce labyrinthe qui vous saisit littéralement à la gorge, la surveillance et la suspicion permanente qui habite chaque habitant de cette forteresse qui vit en vase clos, cette tension harassante qui fige et déboussole, l’architecture des lieux, la disposition des 4 éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu sont inaliénables et participent pour apporter ce supplément d’âme en cet inquiétant endroit.

« Il est coutume en ce monde que les uns montent et les autres descendent »

Vivre et ressentir dans le parcours du personnage principal toutes ses émotions, ses doutes, ses peurs, ses incertitudes quant à son avenir, impossible d’établir des plans sur plusieurs semaines, l’écriture de l’auteur nous oblige à se positionner au jour le jour, des surprises et des rebondissements surgissent, des complots se fomentent dans l’ombre des chambres et des couloirs obscurs, des confidences intimes sont dévoilées ou éventées, les apparences peuvent jouer des tours cruels, les voies du destin sont intraçables ou impénétrables, pour Ameyal, ce qui était déjà une mission compliquée et complexe, même si elle bénéficiait déjà de qualités naturelles et instinctives pour dompter son prochain, sa verve et sa dynamique créatrive, sa fougue et son impétuosité lui ont déjà jouée des tours par le passé, ces nouvelles épreuves vont l’obliger à creuser davantage son chemin, à s’affirmer et à affiner sa propre identité, à trouver les failles chez ses adversaires directes ou indirectes, à dénouer des intrigues tortueuses pour éviter d’être pris à parti ou en porte-à-faux, tout est une nouvelle fois question de dosage, de savants calculs pour tirer son épingle du jeu et profiter de la faiblesse de l’adversaire, un jeu de pistes qui ne doit rien laisser au hasard ou l’improvisation, la séduction, la volupté, la passion charnelle, autant de vices ou d’atouts qu’elle devra utiliser malgré elle avec parcimonie ou précepte moral, la moindre erreur ou dérapage pourrait lui côuter cher ou pire.

Tantôt silencieux, tantôt bruyant dans le brouhaha des festivités et des plaisirs dévolus, les personnages vivent constamment sur le fil du rasoir, dans la crainte que tout peut leur être arraché d’une seconde à l’autre, les rapports de force, les trahisons sont monnaie courante, les luttes de pouvoir, les alliances, les clans, les rivalités intestines qui servent ou desservent les unes ou les autres, les subterfuges et les stratagèmes, l’hypocrisie et la violence palpable, pas de place pour les faibles, les lois du Harem existent pour rappeler qu’elles servent avant tout à protéger les plus … forts.

« Diviser pour mieux régner »

L’importance des choix, les éternelles ennemies qui s’y frottent s’y piquent, la lutte du bien et du mal, le poids des secrets et des souvenirs, les chemins de traverse, l’ombre et la poussière, la colère et la rage de vaincre, l’humiliation et la douleur qui vont de pair, les vertus essentielles pour trouver un second souffle, une nouvelle voie plus convaincante mais semée de pièges perfides, tous les coups tordus sont permis sous couvert de l’autorité doublée, j’ai pris un énorme plaisir à suivre les traces d’Ameyal dans cet infernal chemin de croix, des promesses, des rêves inacessibles, des ambitions nouvelles, la patience est d’ange, Ameyal va se dévouvrir, comme c’était déjà le cas lors de l’initiation à l’école du harem, de nouvelles qualités morales et esthétiques, son expérience acquise, ses rites de passage franchis, le plus dur et délicat reste à faire, sera-t-elle à la hauteur du dieu serpent, de son défunt paternel Aigle ?

« La beauté d’une fleur naît de l’harmonie de ses pétales »

Le charme, la fantaisie propre à faire chavirer tous les coeurs, Ameyal évolue au grè de ses pérégrinations au coeur de toutes les envies et de toutes les ambitions démesurées qui ont court dans ces lieux où plane « Celui par qui et pour qui tout arrive », la peur sous-jacente, le jeu pervers des uns suivent les joutes verbales à la langue fourchue, le mépris affiché en ces rictus sardoniques, la culpabilisation prononcée comme une sentence divine, l’équilibre des forces contraste avec la fragilité des statuts atteints, chacune devra sortir de sa zone de confort pour rompre avec ses complaisances et médisances, le prix à payer se doit d’être à la hauteur de la réussite espérée.

Comme dans les précédents volets, un lexique des termes usités de l’époque et de ses différents personnages figurent à la fin du livre, le rappel des neuf lois immuables et éternelles du harem, ne pas hésiter à s’y référer de temps à autre pendant votre lecture, La Croisée des Mondes est tout simplement addictif, immersif à souhait, indispensable pour vivre et ressentir une nouvelle fois une ivresse littéraire à la hauteur de l’attente, des enjeux, des intrigues qui se subdivisent alors en d’autres sous-intrigues donnant une cohérence certaine à l’ensemble, une ascension proportionnelle à la mesure de l’évolution du personnage principal, vous l’avez compris, je le recommande, je clame haut et fort que pour le prix d’un livre de poche, les 3 volets en numériques se lisent d’une traite, sans temps mort, un vrai délice de lecture !

Une auto-édition qui recèle son lot de réjouissances, de rebondissements, tout est propice à vous rendre accro.
Appelé à devenir un classique et pour le moment, une trilogie inoubliable, une valeur sûre


Après Harem, La Voie du Papillon et maintenant ..
… La Croisée des Mondes de Eric Costa

Disponible en support numérique et en format broché.« 

Et vous, irez-vous découvrir ce nouvel opus ?

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